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Trump en bonne position pour 2020

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Trump en bonne position pour 2020

La campagne électorale pour l’élection présidentielle américaine de 2020 bat déjà son plein et peu de critiques du président Trump osent le dire, mais il reste en bonne position pour gagner un second mandat.

  1. Sa cote de popularité aux États-Unis ne diminue jamais vraiment : 42% des Américains demeurent satisfaits de sa performance[1] même s’il carbure aux controverses. Pour mémoire, Ronald Reagan et Barack Obama ont été réélus malgré une impopularité semblable à celle de Trump à pareille date de leurs présidences[2]. N’oublions pas non plus que Trump a gagné la présidentielle de 2016 avec un peu plus de 46% du vote à l’échelle des États-Unis (recueillant moins de voix que son adversaire démocrate, mais mettant la main sur la bonne combinaison d’États pour l’emporter au Collège électoral). Trump pourrait répéter l’exploit si sa popularité augmente de quelques points d’ici novembre 2020. Ce n’est pas impossible dans la mesure où le duel présidentiel fait parfois réaliser à suffisamment d’électeurs indécis que le parti qui veut reprendre le pouvoir n’a pas nécessairement mieux à offrir que l’occupant de la Maison-Blanche.

Ronald Reagan et Barack Obama ont été réélus malgré une impopularité semblable à celle de Trump à pareille date de leurs présidences

  1. Trump est d’autant plus avantagé que près de 90% des électeurs républicains appuient son travail à la présidence[3]. Sa « base » électorale au sein d’un parti qui ne voulait pas nécessairement de lui lors des primaires républicaines de 2016 semble donc désormais acquise (deux juges conservateurs à la Cour Suprême, une réforme fiscale et un taux de chômage historiquement bas aidant). Pour mémoire, Reagan (79%), Gerald Ford (80%) et Richard Nixon (78%) étaient moins populaires que Trump parmi les électeurs républicains à pareille date de leurs présidences[4].

 

  1. Cette hyperpolarisation des électeurs américains, ou ce que mon collègue Irvin Studin de Global Brief appelle leur « fixité idéologique »[5], constitue une rampe de lancement intéressante pour Trump à l’aube de la saison électorale. En effet, les républicains ne raffolent pas tous et pas toujours de l’approche et du style controversés de Trump, mais la très grande majorité le préfère encore à n’importe lequel des vingt démocrates qui ont actuellement l’œil sur la Maison-Blanche.

 

  1. Trump affirme d’ailleurs que l’actuel virage à gauche du parti démocrate éloigne celui-ci des priorités des électeurs républicains (et américains). Ces dernières semaines, il a profité de la visibilité des représentantes Alexandria Ocasio-Cortez et Ilhan Omar, ou encore de la sénatrice Elizabeth Warren et du sénateur Bernie Sanders, pour dire que le parti démocrate prône le socialisme et tourne le dos aux grandes valeurs américaines. Qu’on soit d’accord ou pas avec Trump, cette stratégie pourrait s’avérer payante, car une majorité d’Américains perçoit le socialisme négativement en 2019, même si cette idéologie a meilleure réputation que durant la guerre froide[6].

Une majorité d’Américains perçoit le socialisme négativement en 2019, même si cette idéologie a meilleure réputation que durant la guerre froide

  1. Une victoire de Warren, Sanders ou d’une autre candidature de gauche dans la course à l’investiture démocrate en vue de 2020 pourrait dès lors aider Trump plutôt que lui nuire. Si l’on tient pour acquis qu’il y a 29% d’électeurs républicains, 27% de démocrates et 38% d’indépendants aux États-Unis, indépendants parmi lesquels une forte majorité voit le terme « socialisme » négativement[7], les démocrates feraient sans doute mieux d’opter pour une candidature centriste pour affronter Trump.

Les démocrates feraient sans doute mieux d’opter pour une candidature centriste pour affronter Trump

  1. Mais le centriste le plus populaire parmi les démocrates, l’ancien vice-président Joe Biden, a connu des performances en dents de scie depuis son entrée en scène en avril dernier, même s’il mène toujours dans les sondages auprès des électeurs du parti[8]. Après une performance peu reluisante lors des premiers débats démocrates de juin à Miami, il s’est mieux tiré d’affaire il y a deux semaines aux débats de Détroit, mais la difficulté avec laquelle il a répondu à certaines salves de ses adversaires démocrates (dont Kamala Harris) donne une idée du défi qui l’attend s’il doit un jour se mesurer à Trump lors de débats présidentiels.

 

  1. En effet, Trump n’hésiterait pas à présenter un duel Biden/Trump selon le cadrage hypermasculinisé auquel il nous a habitué depuis la présidentielle de 2016: une compétition semblable à un match de lutte professionnelle où Trump invitera les électeurs à se concentrer sur des atouts personnels et des attributs physiques qui prouvent à son avis qu’il est un être supérieur à Biden. Trump affirme déjà que Biden a un Q.I. moins élevé que le sien, qu’il a l’air confus et qu’il manque d’énergie (sleepy Joe). Biden sera peut-être tenté de jouer sur ce même terrain, attaquant Trump à son tour. Les tentatives ratées de Jeb Bush et de Marco Rubio lors des primaires républicaines de 2016 démontrent toutefois qu’il n’est pas simple de battre Trump à ce jeu qu’il maîtrise peut-être mieux que quiconque.

Les démocrates ont donc un long chemin à parcourir pour reprendre la Maison-Blanche. Il reste encore beaucoup de temps au tableau, mais Trump est peut-être en meilleure position cette fois-ci qu’en 2016. On se souvient du résultat.

[1] https://news.gallup.com/poll/203198/presidential-approval-ratings-donald-trump.aspx

[2] https://news.gallup.com/interactives/185273/presidential-job-approval-center.aspx

[3] https://news.gallup.com/poll/203198/presidential-approval-ratings-donald-trump.aspx

[4] https://www.politifact.com/truth-o-meter/statements/2019/jun/06/donald-trump/donald-trump-says-republican-voters-him-more-they-/

[5] https://globalbrief.ca/2019/08/reflections-on-the-american-question/

[6] https://news.gallup.com/poll/257639/four-americans-embrace-form-socialism.aspx

[7] https://www.nbcnews.com/politics/meet-the-press/how-socialism-plays-poorly-middle-electorate-n978861

[8] https://www.realclearpolitics.com/epolls/2020/president/us/2020_democratic_presidential_nomination-6730.html

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