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Europe et populisme: quelles relations ?

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Europe et populisme: quelles relations ?

Comment s’articulent les relations entre l’Europe et le populisme ? La question devient de plus en plus centrale alors que les mouvements populistes pèsent de plus en plus lourd dans les pays de l’Union européenne, par exemple en Italie.

Le populisme, une maladie sénile de la démocratie ?

Le populisme est une maladie sénile de la démocratie. Il s’agit moins d’une idéologie que d’une rhétorique. Il existe une manière populiste qui transcende les clivages politiques nationaux et politiques classiques. Le populisme de droite est xénophobe et le populisme de gauche est protectionniste, tout comme le populisme de droite. Les deux sont nationalistes, anti-européens et anti-mondialistes. Ils pourfendent la classe politique et les élites, exprimant à la fois une souffrance et une sorte d’utopie à l’envers où la crainte a remplacé l’espoir.

Marqué par une inconsistance programmatique, le populisme construit des boucs émissaires : les immigrés et plus largement les forces étrangères qui menacent l’identité; mais aussi les élites. Or l’Union européenne est une construction historique des élites. C’est ici que s’articule les relations entre l’Europe et le populisme.

Le populisme a été nourri durant les dernières années par la technicisation biaisée des décisions politiques annoncées pour tenter de faire face à la crise économique venue des Etats-Unis en 2008. On présente la solution des élites à la crise de la dette publique comme la seule possible. Sans délibération politique, la rigueur s’impose – et des sanctions sont prévues contre ceux qui voudraient s’écarter de “la voie”.

Le populisme a l’avantage de faire croire qu’il existe des solutions simples à des problèmes complexes. Il oscille entre la recherche de boucs émissaires et le déni. Il nie que les difficultés économiques – réelles – du pays viennent d’abord de lui même. En ce sens il participe d’une pensée magique.

Le populisme est un produit

Et il faut bien reconnaître que l’Europe communautaire s’est construite après la Seconde Guerre mondiale en évitant le débat politique pour dépasser les nationalismes. L’Europe a aussi été pour les élites un moyen confortable pour externaliser la contrainte économique, voire politique. Cela permet de dire: “C’est pas moi, c’est Bruxelles qui impose cela”… en espérant ne pas le payer aux prochaines élections. Habile mais à courte vue. Après plusieurs décennies de cette technique politique, comment s’étonner que l’UE soit perçue comme l’origine de tous les maux ? Comment s’étonner que les anti-européens récoltent plus du tiers des suffrages dans de nombreux pays de l’UE ? Pourquoi sembler surpris que la participation aux élections pour le Parlement européen soit à chaque fois de plus en plus ridicule ?

Ainsi, le populisme anti-européen peut se concevoir comme un produit du processus européen. Préférer à Mario Monti des candidats populistes, c’est voir dans l’ancien Commissaire européen un représentant des élites qui imposent des mesures drastiques sans savoir en débattre.

@diploweb le compte de la veille géopolitique

Ecouter en podcast sur France Inter:  Europe : la contagion de l’Italie ?

Les opinions exprimées dans ce blogue sont strictement personnelles et ne reflètent pas nécessairement celles de Global Brief ou de l’Ecole des affaires publiques et internationales de Glendon.

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