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Trump restera même s’il perd en 2020

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Trump restera même s’il perd en 2020

Les détracteurs de Donald Trump espèrent que l’élection de 2020 permettra de tourner rapidement la page sur cette présidence. Ce petit scénario de politique-fiction illustre que les choses pourraient être plus compliquées.

Fermez les yeux…

Imaginez que nous sommes le 3 novembre 2020. Après des primaires démocrates âprement disputées, Joe Biden (ou le candidat démocrate de votre choix) affronte Donald Trump à l’élection présidentielle.

Imaginez que nous sommes le 3 novembre 2020. Après des primaires démocrates âprement disputées, Joe Biden (ou le candidat démocrate de votre choix) affronte Donald Trump à l’élection présidentielle.

Biden recueille 68 millions de votes au pays contre 67 millions pour Trump. Le démocrate remet la main sur le Michigan, la Pennsylvanie, le Wisconsin et 278 votes au Collège électoral, contre 260 pour Trump. Biden gagne toutefois le Wisconsin par seulement 15 000 voix. Cet État compte pour 10 votes au Collège électoral et peut faire pencher la balance du côté de Trump.

Comme Al Gore dans le cas de la Floride en 2000, Trump demande un recomptage au Wisconsin. Le recomptage confirme que Biden a gagné cet État par un peu plus de 15 000 voix, et les démocrates remettent ainsi la main sur la Maison-Blanche. L’écart entre Trump et Biden au Wisconsin est mince, mais trop important pour qu’il y ait saga judiciaire comme en 2000, où W. Bush avait gagné la Floride par 537 votes.

La période de transition ne se déroule cependant pas comme prévu. Trump passe les dernières semaines de son mandat, de novembre à janvier, à remettre en question la légitimité de Biden et à affirmer que les élections ont été truquées. Il refuse de concéder la victoire et de rencontrer le démocrate et son équipe de transition à la Maison-Blanche.

Le 20 janvier 2021, après avoir laissé planer le doute, Trump accepte finalement de quitter la présidence, mais il s’absente de la cérémonie d’inauguration de Biden, préférant tenir son propre événement public au Wisconsin, où des milliers de partisans se réunissent pour entonner les thèmes habituels du milliardaire : Biden est corrompu, les médias sont biaisés, les élections étaient truquées.

Pendant les semaines et les mois qui suivent, Trump continue de rompre avec la tradition : loin d’être un « ex-président » discret et au-dessus de la mêlée, il reste omniprésent dans l’espace public et ne se gêne pas pour attaquer personnellement son successeur et critiquer ses politiques, à toute heure du jour, chaque jour.

Ayant remporté 86% du vote des électeurs républicains à la présidentielle de 2020, Trump perd certes l’attention et la loyauté des républicains qui ne l’aimaient pas personnellement et qui l’appuyaient surtout pour des raisons partisanes. Cela dit, des sondages menés quelques mois après la présidentielle de 2020 démontrent qu’il conserve l’appui d’une base militante non négligeable qui représente environ 35% de l’électorat américain.

Trump continue de s’adresser à cet électorat sur Twitter durant tout le premier mandat de Biden. Il déverse également son fiel sur son successeur chaque semaine à la télévision, à la barre d’une nouvelle itération de la téléréalité qui l’a rendu célèbre, The Apprentice : White House, où on peut voir l’ancien président confortablement assis dans un fauteuil présidentiel devant un décor identique au Bureau ovale, martelant qu’il a été un meilleur président que Biden et que le pays irait mieux si on ne lui avait pas injustement volé la Maison-Blanche en 2020.

Grâce aux contacts qu’il a établis à l’international avant et pendant son mandat à la présidence, Trump continue de rencontrer de nombreux chefs d’État et interlocuteurs internationaux, à titre d’homme d’affaires, pour réaliser des projets immobiliers et faire fructifier son empire personnel. Lors de ces rencontres, Trump entend parfois des rumeurs et des informations potentiellement embarrassantes sur Biden qu’il n’hésite pas à propager sur les médias sociaux, pour affaiblir le président et inciter les républicains du Congrès à lancer une procédure de destitution contre Biden, tout comme les démocrates l’ont fait contre lui en raison de l’affaire ukrainienne.

Vous pouvez maintenant ouvrir les yeux…

Il serait bien sûr étonnant que ce scénario corresponde très exactement à ce qui nous attend si Trump perd la présidentielle de 2020. Mais croire qu’une victoire démocrate à ce scrutin permettrait de tourner rapidement la page sur les années Trump relève peut-être encore plus de la fiction.

Trump a transformé la manière de faire les campagnes électorales lors du scrutin de 2016 et il gouverne autrement depuis. Si l’on se fie à la constance du style et du ton qu’il a employés depuis le début de sa carrière dans l’immobilier durant les années 1970 et 1980 jusqu’à la Maison-Blanche, il y a fort à parier que Trump sera un « ex-président » pas comme les autres, refusant de jouer sur les lignes de côté, tentant d’orienter les conversations nationales dans la direction souhaitée, attaquant ses adversaires en public, et profitant de tous les prétextes pour attirer les projecteurs sur sa personne.

Trump sera un « ex-président » pas comme les autres, refusant de jouer sur les lignes de côté, tentant d’orienter les conversations nationales dans la direction souhaitée, attaquant ses adversaires en public, et profitant de tous les prétextes pour attirer les projecteurs sur sa personne.

Et quand on regarde le titre d’un ouvrage que son fils, Donald Trump Jr., a fait paraître il y a quelques jours (How the Left Thrives on Hate and Wants to Silence Us), on pourrait même être tenté de croire qu’il y aura au moins un héritier prêt à poursuivre « l’œuvre paternelle » lorsque Trump n’aura plus la santé ou décidera de passer à autre chose. Les États-Unis n’en seraient pas à leur première dynastie politique.

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