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Fififi…ninini…

GB Geo-Blog

Fififi…ninini…

Fififi…ninini…

J’en ai fini avec ce blog! Ceci est ma dernière intervention! À partir de maintenant, je laisse la tâche à un robot! À moi la gloire… facile!

À lire,

http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2010/03/09/l-ere-des-robots-journalistes_1316608_3236.html.

Intéressant, n’est-ce pas?

À quoi ressemblera le journal, ou le bulletin d’information télévisé, de demain? Écrit, rédigé et présenté par des robots?

Le monde des média a grandement évolué au cours des vingt dernières années. Il y a eu l’avènement des chaînes de nouvelles en continu. Il y a eu l’arrivée de l’internet. Le bulletin de nouvelles de soirée est presqu’obsolète. L’information est disponible à tous en tout temps. Il y a eu du bon dans ces changements. Il est facile aujourd’hui de se tenir au courant. Sauf qu’en même temps, nous avons une cacophonie médiatique. Le journalisme d’enquête, le journalisme de terrain, m’apparaît trop souvent éclipsé par le commentaire, l’opinion, ou la chronique facile.

Les effets de la mécanisation sont divers dans l’histoire, parfois positifs, parfois plus troublants. Il est certain que l’arrivée du robot-journaliste changera la donne. Dans ce cas-ci, je ne crois pas que le robot-journaliste tuera le journaliste, celui en chair et en os. Au contraire, je me demande si le monde des média n’a pas ici une occasion en or de faire vivre à neuf le journalisme. Plusieurs grands média connaissent des difficultés financières importantes. Le robot-journaliste permettra aux salles de presse ou de nouvelle de sauver de l’argent, c’est vrai. Mais il pourrait aussi libérer des effectifs, permettre à des journalistes de travailler des dossiers plus à fond. Le journaliste ne donnera plus l’information, ça sera superflu. Les articles de robots donneront l’information brute, et une analyse basique. Pour certains consommateurs, ça sera suffisant. Le journalisme comme métier, cependant, aura, j’ose espérer, l’occasion de retrouver ses lettres de noblesse. Le journaliste devra remplir sa fonction éducative; il devra nous faire comprendre une situation; il devra nous l’expliquer; il devra nous la faire vivre. Lisez de vieux articles de journaux, surtout dans le monde du sport. Le moment est palpable.

Il est possible que je rêve en couleur, que le robot-journaliste ne permette pas la renaissance du journalisme. Il y a aussi des dangers, entre autre, d’homogéinisation de l’information – non seulement au niveau du contenu, mais aussi par rapport à la sélection de la nouvelle, à savoir ce qui est considéré comme important.

Selon moi, ‘The Buggles’ n’a rien compris. ‘Video killed the radio star’. Faux! L’artiste s’est réinventé. Il ne sert à rien de se battre contre une nouvelle technologie. Il faut l’apprivoiser et l’adapter à ses besoins. Il sera intéressant de voir comment les journalistes réagiront à l’implantation du robot-journaliste.

Caveat lector : Les opinions exprimées dans ce blogue sont strictement personnelles et ne reflètent pas nécessairement celles de Global Brief ou de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon.

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2 Comments

  1. Jojo March 12, 2010

    Mais n’est-ce pas là une évolution que nous connaissons déjà depuis longtemps ? Des entreprises de presse qui limitent les coûts en employant un minimum de correspondants, s’approvisionnant auprès d’agences de presse qui livrent une information “brute” à un large réseau de journalistes ? La majeure partie des informations à laquelle nous avons accès proviennent de quelques agences de presse tandis que les rédactions s’occupent (pour caricaturer) de l’enrichissement des dépêches et de la mise en forme. Ce qui explique en partie les “cycles” qui font que le traitement de tel ou tel évènement est privilégié par la majorité des médias par rapport à d’autres évènements.

    Penser que l’information peut être neutre est une illusion : le choix des sources est déjà en soi une orientation. Penser que des robots peuvent remplacer des humains dans la collecte des données, c’est penser que cette activité est éditorialement neutre. N’est-ce pas là un travers de la relation contemporaine à l’information, qui se fait en temps réel et au détriment de la maturation critique ? Il n’est pas étonnant dans ce cas que la presse soit en crise : si une information relativement homogène est disponible à peu près partout, comment faire naître l’attention des lecteurs ?

  2. Ian Roberge March 12, 2010

    Vous posez une question clef, ‘comment faire naître l’attention des lecteurs’ (ou des téléspectateurs)? La réponse, jusqu’à présent, a été trop souvent par le bas, en donnant une information supposément accessible à tous (voir, par exemple, les nouveaux bulletins de nouvelles de la CBC en date de l’automne dernier – une horreure). J’admets que les robots-journalistes pourraient accentuer cette tendance. Sauf qu’il y a un public pour une information intelligente. Le robot-journaliste ne me donnera pas ce que moi, comme lecteur ou consommateur d’information plus ou moins averti, souhaite. Ce que j’espère, c’est qu’il libérera les journalistes, pour qu’il puissent de nouveau fouiller, déranger, faire lumière, etc. Je suis ici bien optimiste, j’en conviens. Je crois qu’il y a de la place et qu’il est même nécessaire pour le débat de fond d’avoir du journalisme d’enquête. Ce n’est pas autant la neutralité que je cherche, plutôt ce que je veux c’est que le journaliste possède la capacité de voir au-delà de l’information toute prête qu’on lui donne. Je veux qu’il fasse preuve de discernement. Est-ce trop en demander?

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