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Donnes-y la claque!

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Donnes-y la claque!

Donnes-y la claque!

Vous n’êtes plus aussi populaire que par le passé? Vous venez de perdre un siège au Sénat que vous n’auriez pas dû perdre? Votre réforme de la santé piétine et est en péril? L’Iran vous nargue toujours? Ne vous en faites pas! Wall Street est là pour vous! Tapez une fois, deux fois! Défoulez-vous! Les grandes banques, c’est parfait pour faire sortir votre frustration!

Le Président Obama met de l’avant des propositions assez importantes pour la réforme du système bancaire américain. Entre autre, il veut éliminer la possibilité pour une banque de mener des échanges sur son propre compte (proprietary trading). Cette fois-ci, la proposition est substantielle et changerait de façon assez importante ce qu’une banque peut ou ne peut pas faire. Si adoptée, la proposition pourrait changer la structure du système financier américain. Cette politique pourrait mener au morcellement de grandes banques américaines. Pour ceux qui voulait de quoi de gros…

Je pense qu’il y a ici matière à débat. Ne rejetons pas la proposition du revers de la main. La question qu’il faut se poser est de savoir quel rôle ce type de comportement, le ‘proprietary trading’, a joué dans la crise financière. Je n’ai pas une réponse complète mais mon premier instinct est que ces activités ont influées en périphérie; il faut plutôt regarder du côté des produits financiers exotiques, du côté de la mauvaise gestion, de l’arrogance et de la stupidité de certains joueurs, ainsi que du manque de supervision, etc. La mesure proposée vise les grandes institutions financières, celles que l’on ne peut pas laisser faire faillite puisque lorsqu’elles ont des problèmes, ça se ressent dans l’ensemble du système financier et de l’économie. Le coût de l’aide gouvernementale au cours de la dernière crise suggère qu’il en est devenu très coûteux d’aider ces grandes institutions lorsqu’elles sont en difficulté. La mesure proposée pourrait réintroduire les piliers, avec des murs séparant les banques, les maisons d’investissement, les assureurs. Si mise en œuvre, le système financier sera-t-il plus sécuritaire, plus stable, sujet à moins de fluctuation, à moins de risque, plus contrôlable? Quels sont les coûts de la mesure proposée en innovation et en efficacité? Gagnants et perdants d’une telle réforme à l’intérieur même du système financier ne sont pas faciles à identifier.

Ce qui me dérange vraiment c’est le ton et le timing! L’administration avait étudié cette politique l’été passé et l’avait rejetée. Tim Geithner, le Secrétaire au Trésor, s’y oppose. La proposition vient un peu plus d’une semaine après l’annonce de la nouvelle taxe imposée aux banques, une punition pour la crise financière. D’ailleurs, la cohérence de l’ensemble des réformes potentielles dans le secteur financier n’est pas complètement claire. L’annonce est venue deux jours après la défaite au Massachussetts. Plusieurs l’ont noté, Obama, en ce qui concerne le système financier, tombe dans le populisme. Ce n’est pas la meilleure façon de travailler pour réformer un secteur si crucial pour une économie.

Il n’est pas certain que d’autres pays suivent les USA sur cette voie, quoi que la Grande-Bretagne y pense. Si ces deux gros acteurs vont dans ce sens, il y aura beaucoup de pression sur les autres pays pour qu’ils adoptent des mesures semblables, et cela même si les systèmes bancaires diffèrent. S’il n’y a pas de suite au niveau international, la mesure pourrait nuire à la compétitivité des banques américaines vis-à-vis certaines autres grandes banques internationales. Il sera intéressant de voir si la Maison blanche poussera vraiment la réforme, si ailleurs sur la planète on ne mord pas. Les Américains, avec peut-être l’aide des Britanniques, pourraient tenter de forcer une sorte d’interdiction mondiale, par l’entremise du ‘Financial Stability Board’, ou du Comité de Bâle, mais ça c’est à voir.

Pour ceux que ça intéresse, les banques canadiennes ne peuvent pas jouer sur leur compte, et ils le font peu à l’étranger. C’est un débat qui ne les affecte pas directement.

Caveat lector : Les opinions exprimées dans ce blogue sont strictement personnelles et ne reflètent pas nécessairement celles de Global Brief ou de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon.

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