La France est-elle en Europe ?

April 8, 2012     
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Alors que s’achĂšve d’ici peu la campagne pour le premier tour des Ă©lections prĂ©sidentielles françaises, on peut se demander si la France est encore un pays membre de l’Union europĂ©enne.

L’Europe ? Un non-sujet

En effet, la campagne Ă©vite le plus souvent les affaires europĂ©ennes, alors que la France est un des pays fondateurs de l’UE et continue d’y peser “bon poids”, comme on dit parfois dans les campagnes françaises. L’Europe reste le plus souvent un non-sujet. Comme si la loi europĂ©enne ne l’emportait pas sur la loi française. Comme si la Commission europĂ©enne n’Ă©tait pas habilitĂ©e Ă  vĂ©rifier le projet de budget avant le Parlement français. Comme si la France boudait cet instrument qu’elle a contribuĂ© Ă  construire avec des calculs politiques de puissance. Il est vrai que ces calculs ont en partie Ă©chouĂ©: la France ne domine pas l’Allemagne fĂ©dĂ©rale et l’Union europĂ©enne n’est pas devenue un outil pour contestĂ© l’hĂ©gĂ©monie des Etats-Unis. Avec 21 pays sur 27 membres de l’UE qui appartiennent aussi Ă  l’OTAN, ce serait difficile… Parce qu’il est difficile aux hommes politiques d’avouer que les calculs de ceux d’hier ont en partie fait faillite, mieux vaut parler d’autre chose.

L’Europe ? Un paillasson

Ou bien parler de l’Europe mais pour lui marcher dessus, ça dĂ©foule. Le candidat du Parti Socialiste, François Hollande a annoncĂ© qu’il exigerait s’il Ă©tait Ă©lu la renĂ©gociation du traitĂ© en cours d’adoption qui vise Ă  instaurer de nouvelles rĂšgles budgĂ©taires. VoilĂ  une bonne maniĂšre de se faire des amis hors des frontiĂšres. Un peu comme le candidat Nicolas Sarkozy qui dĂ©but 2007 avait annoncĂ© le projet d’Union MĂ©diterranĂ©enne du haut d’une tribune Ă©lectorale avant d’en parler aux autres pays membres, une fois Ă©lu. Avec Ă  la clĂ© une castration du projet rĂ©alisĂ©e de main de maĂźtre par une certaine… Angela Merkel, chanceliĂšre d’Allemagne. Quant au PrĂ©sident - candidat Nicolas Sarkozy le voici en 2012 en train d’exiger une remise Ă  plat de Schengen, sous menace d’un chantage Ă  l’Ă©gard des autres pays membres. ElĂ©gant.

A propos de campagne…

Dans les deux cas, les pays partenaires ne semblent pas vĂ©ritablement traumatisĂ©s. Les experts vous le diront d’un air entendu: “Propos de campagne Ă©lectorale… Chacun doit y passer, tout le monde sait que les promesses n’engagent que ceux qui les Ă©coutent…” Peut-ĂȘtre. Reste que les deux candidats supposĂ©s les mieux placĂ©s dans les sondages pour accĂ©der au 2Ăšme tour ne parlent pratiquement pas d’Europe oĂč alors pour lui casser du sucre sur le dos. Il va sans dire que l’idĂ©e europĂ©enne instrumentĂ©e comme punching ball Ă  des fins politiciennes, on a vu mieux pour promouvoir la participation aux prochaines Ă©lections pour le Parlement europĂ©en, en 2014. Cela fait trois lĂ©gislatures europĂ©ennes avec moins de 50% de participation Ă  l’Ă©chelle europĂ©enne, mais il sera bien temps de s’en prĂ©occuper subitement lors de la campagne Ă©lectorale de 2014. D’ici lĂ , qui se souviendra des saillies de 2012 ?

Les opinions exprimĂ©es dans ce blogue sont strictement personnelles et ne reflĂštent pas nĂ©cessairement celles de Global Brief ou de l’Ecole des affaires publiques internationales de Glendon.

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