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	<title>Hubert Védrine</title>
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	<pubDate>Mon, 29 Apr 2013 08:49:24 +0000</pubDate>
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		<title>L&#8217;édito d&#8217;Hubert Védrine</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Apr 2013 08:49:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Védrine</dc:creator>
		
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			<content:encoded><![CDATA[<p>S&#8217;il est si difficile et surtout si vain, en ce moment, de parler de l&#8217;état du monde en général, c&#8217;est notamment parce qu&#8217;il n&#8217;y a pas (encore?) de &#8220;communauté&#8221; internationale, mais aussi parce que le multilatéralisme tourne à vide, et que les agrégats statistiques et les moyennes économiques (croissance mondiale) ne signifient pas grand-chose pour chaque individu, d&#8217;abord concerné par son propre environnement économique et politique réel (sauf quelques geeks). L&#8217;ONU, le G20, l&#8217;OMC etc…  sont des enceintes où la compétition mondiale continue, pas des pouvoirs. La prétention de l&#8217;Occident à se prendre pour le tout ne tient plus dans un monde où émergent des dizaines de pays dynamiques et ambitieux. Les Occidentaux sont sur la défensive, et les émergents optimisites.</p>
<p>Les Occidentaux doivent analyser méthodiquement ce qu&#8217;ils vivent, c&#8217;est-à-dire une concomitance pour ne pas dire un carambolage, de crises et de mutations qui sont d&#8217;origine et de forme diverses, avec des rythmes différents, et qui interagissent de plus en plus vite.</p>
<p>On peut quand même se dire en termes géopolitiques classiques et sans trop de risques de se tromper, que les Etats-Unis ne retrouveront pas leur position de 1945 ou des années 1990 (hyperpuissance), mais resteront, avec Obama II, et encore après, le pays le plus puissant et le plus influent au monde, même quand le PNB chinois aura statistiquement dépassé celui des Etats-Unis; que la Chine, pas plus que les BRICS, et même tous les émergents, trop divisés, ne domineront pas le monde. De plus le fameux monde &#8220;multipolaire&#8221; n&#8217;est pas stable (la liste des pôles n&#8217;est pas fixe, leur poids varie).</p>
<p>Nous allons donc vivre longtemps dans une compétition, une &#8220;mêlée&#8221; sans alliance fixe (sauf l&#8217;alliance atlantique, qui perdurera mais moins centrale et cruciale), avec des configurations changeantes. Quand même, une question domine les autres : est-ce que la rivalité stratégique Chine / Etats-Unis en Asie du Nord Est sera gérable sans dérapage ? Je le crois mais le risque existe d&#8217;incidents et d&#8217;engrenages. On est loin du fantasme ou d&#8217;un projet de G2 ! Quant aux Européens, il est toujours impossible de dire s&#8217;ils se décideront à faire de l&#8217;Europe une puissance (ce qui selon moi ne veut pas dire automatiquement plus de &#8220;fédéralisme&#8221; mais nécessite un choc mental pour que l&#8217;Europe sorte de sa léthargie stratégique). De nombreux scénarios sont possibles.</p>
<p>En plus, d&#8217;autres éléments que la géopolitique pure entrent en ligne de compte.</p>
<p>La démographie : la diminution de leur population va-t-elle réduire l&#8217;influence mondiale du Japon, de la Russie ou de l&#8217;Allemagne ? Le fait de devenir le pays le plus peuplé sera-t-il un atout ou un handicap pour l&#8217;Inde ? Même question pour les conséquence de l&#8217;abandon de la politique de l&#8217;enfant unique en Chine? Etc. Mais l&#8217;Europe a toujours eu une influence sans rapport avec sa démographie.</p>
<p>L&#8217;écologie : le rythme de l&#8217;écologisation, vitale, sera-t-il assez rapide pour ralentir et enrayer les engrenages menaçants à l&#8217;œuvre (climat, pénuries, pollution toxique des sols et de l&#8217;alimentation, effondrement de la biodiversité) ? Inversement, la compétitivité écologique d&#8217;après-demain va-t-elle bousculer la hiérarchie économico-politique de 2030/2040 telle qu&#8217;on peut l&#8217; extrapoler aujourd&#8217;hui, avec la montée régulière des grands émergents ? Par exemple si l&#8217;Europe enrayait son déclin (relatif) en se projetant par des avancées scientifiques et technologiques majeures dans cet avenir-là? Ce ne sont bien sûr que des hypothèses.</p>
<p>Les problèmes géopolitiques et économiques graves et non résolus sont très nombreux : Chine / Japon ; Corée du Nord / voisins ; Israël/Palestine;  Israël / Iran ; Syrie ; révolutions arabes ; sunnites / chiites ; Chine / Etats-Unis en Asie ; sanctuaire terroriste / Sahel ; Afrique des grands lacs ; crise de la zone euro ; stagnation économique de l&#8217;Europe;  ralentissement de la croissance chez les émergents ; importance de l&#8217;économie illégale dans l&#8217;économie mondiale financiarisée et dérégulée ; bataille de la (re)régulation ; etc.</p>
<p>Mais ces problèmes ou ces conflits potentiels s&#8217;inscrivent en plus dans un cadre général devenu aléatoire, sans progrès notable d&#8217;un &#8220;gouvernement mondial&#8221;, ce qui oblige constamment à décrypter la stratégie particulière de chacun des nombreux acteurs publics ou autres à l&#8217;œuvre sans user de concepts globaux, creux et non opératoires. D&#8217;autant qu&#8217;il faut ajouter à ce tableau la révolution individualiste horizontale, à la fois philosophique et technologique. Tout cela conduit à l&#8217;impression d&#8217;un monde sans contrôle global ni gouvernance, en proie à d&#8217;immenses forces contradictoires, et donc difficilement prévisible. C&#8217;est pourtant dans ce monde-là, le nôtre, qu&#8217;il faut rétablir des mécanismes d&#8217;action, d&#8217;alliance et une cogestion des affaires mondiales. Si les Occidentaux veulent préserver leurs acquis civilisationnels et garder une influence utile sur un monde en plein reconfiguration, ils n&#8217;ont pas le choix. Ils doivent être lucides, intelligents, persévérants, ouverts et &#8220;smarts&#8221;.</p>
<p>HV</p>
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		<title>Perspectives 2013</title>
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		<pubDate>Tue, 08 Jan 2013 16:38:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Védrine</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[La première caractéristique de 2013 est que cette année n’a aucune raison d’être très différente des précédentes, mis à part les événements imprévus qui surviendront et qui…par définition ne sont pas prévisibles ! En réalité, spectaculaires ou non, les tendances de fond qui sont à l’œuvre depuis la fin du monde bipolaire et le début [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La première caractéristique de 2013 est que cette année n’a aucune raison d’être très différente des précédentes, mis à part les événements imprévus qui surviendront et qui…par définition ne sont pas prévisibles ! En réalité, spectaculaires ou non, les tendances de fond qui sont à l’œuvre depuis la fin du monde bipolaire et le début du monde globalisé, en 1992, et que la crise financière occidentale accélère depuis 2008, se poursuivent.</p>
<p>Les occidentaux vont rester longtemps les plus puissants et les plus riches, mais ils perdent du terrain, relativement, puisque les émergents continuent d’émerger. On ne mesure pas encore complètement ce que cela signifie pour nous. Certains de ces pays ont déjà émergés, et commencent à connaître des problèmes de maturité. La Russie n’émerge pas, mais peut inquiéter. Sans surprise ces pays sont d’accord pour contester « l’ordre du monde de 1945 » et le poids disproportionné, à leurs yeux, des occidentaux, mais sur les solutions ils divergent et économiquement, ils sont autant en compétition entre eux qu’avec les pays de l’OCDE. Les occidentaux peinent toujours d’avoir à s’adapter à un monde où ils n’ont plus le monopole de la puissance et de l’influence. Les américains souffrent dans l’idée qu’ils se font de leur puissance. Ils ont quand même réélu Barack Obama, qui comprend ce monde, mais beaucoup d’entre eux s’inquiètent de ne voir arriver ni John Wayne ni la cavalerie pour mettre de l’ordre dans le désordre général.</p>
<p>Au contraire, façon XIX° siècle ou années 1920-1930, certains seraient tentés, à la faveur de l’autonomie énergétique annoncée, par un impossible isolationnisme… Obama va-t-il pouvoir consacrer une énergie suffisante à d’autres sujets qu’à réduire la dette et le déficit américain abyssal, à éviter la falaise fiscale, à surmonter la paralysie des institutions, à faire régresser la folie des armes à feu, à redresser l’économie (ce pour quoi il a été élu), à pousser sans trop le proclamer à une sorte de transition énergétique ? La réponse semble être oui si l’on en juge par les personnalités qu’il vient de proposer de nouveau à la tête du département d’État, de la CIA et du Pentagone : John Kerry, John Brennan et plus encore, Chuck Hagel, ce qui semble annoncer une politique étrangère ambitieuse. Y compris au moyen orient.</p>
<p>Certains acteurs du jeu mondial (Russie, Chine, Israël, Iran) pourraient être tentés de profiter d’une période où le président des États-Unis sera absorbé par des problèmes intérieurs très compliqués à gérer pour avancer leurs propres pions… Comme l’a envisagé Anne-Marie Slaughter, les alliés des Etats-Unis pourraient aussi s’adresser à eux. Par exemple pour leur demander de mettre en ordre leurs dépenses publiques. Mais aussi j’ajoute, d’être plus audacieux dans leur « écologisation ».</p>
<p> Le grand défi chinois, lui, et la réponse qu’il appelle, s’étendra sur des années, pour ne pas dire des décennies… d’autant que, même plus sûrs d’eux, les chinois n’ont sans doute pas arrêté l’usage exact qu’ils feront de leur puissance croissante. Sans doute pas puissance idéologiquement prosélyte, mais vraie puissance géopolitique quand même.</p>
<p>Pendant ce temps, la re-régulation (pour une économie « post-bulles») avance trop lentement. Elle est déjà contournée par avance par des comportements financiers toujours à haut risque. (Pour les autres) Le rythme de l’indispensable « écologisation » reste très inférieur à la dégradation accélérée du patrimoine terrestre vert, même s’il y a des avancées scientifiques et techniques et une évolution des comportements. Le jury Nobel pour l’économie, qui avait récompensé en 1971 l’invention du PIB serait d’ailleurs bien inspiré de consacrer un jour celui  qui aura défini un PIB vert si incontestable que le marché sera obligé de l’intégrer dans ses calculs de rentabilité… (Quant aux européens, ils sont désemparés par le contraste entre leurs chimères idéalistes et la rudesse de la compétition dans laquelle ils sont jetés, bon gré mal gré. Cependant, au bout de trois ans de crise grecque et de l’euro, les 17 gouvernements de la zone euro sont en train d’accoucher du fameux gouvernement économique de la zone euro, sur le principe duquel l’accord n’avait pas pu se faire en 1990/1991 entre les allemands, les français et les autres. On va donc en Europe vers une confédération d’États-nations à 27 (ou plus), dont encore la Grande Bretagne (Cameron peut gagner son référendum s’il a lieu après les prochaines élections britanniques), avec une zone euro déjà très large (plus de 17 pays), plus intégrée. Cette zone euro devait absolument assainir ses finances publiques (seule leur impunité monétaire permet aux États-Unis de ne pas être obligés d’en faire autant) mais le rythme et les modalités trop brutales que l’Allemagne de Mme Merkel a fait prévaloir  pour cela devront être assouplies en 2013 pour éviter une récession en Europe, ce qui répondra – un peu- aux demandes du président Hollande d’une politique de croissance en Europe. Sauf si le contribuable allemand passe toujours avant tout autre considération. Le gouvernement de la zone euro devra se préoccuper de réduire la dette, mais aussi de croissance, de compétitivité, et même des taux de change. Les fédéralistes vont essayer d’aller plus loin, à l’occasion des élections européennes de 2014, mais ils n’entraîneront que peu d’électeurs, et auront du mal.</p>
<p>A propos du monde arabe, on ne parlera plus de saisons (printemps, hiver) mais d’un long processus instable de démocratisation plus ou moins chaotique, parfois tragique, et étudier au cas par cas. Les faiseurs de pronostics devront se montrer plus prudents. Il faudra observer si la mouvance des Frères musulmans – au pouvoir- restera homogène en se radicalisant face aux difficultés et aux frustrations ou, au contraire, en devenant plus pragmatique, plus « gouvernementale ». Le plus perturbant pour les occidentaux sera d’avoir aussi peu de prise sur un phénomène à rebondissements qui a une certaine importance pour eux et qui échappe à ses protagonistes eux-mêmes.</p>
<p>Dans ce contexte général, l’idéal pour les occidentaux, pour défendre légitimement dans la durée leurs intérêts tout en accueillant avec réalisme la redistribution des forces en  cours, et en surveillant la montée des tensions en Asie – ce n’est pas incompatible-  serait de coordonner leurs politiques autour de quelques grands objectifs et de se mettre systématiquement d’accord sur chacun des sujets « globaux » (réforme des institutions multilatérales, régulation financière, croissance, écologisation) avec deux ou trois émergents. S’ils y parviennent leur influence ne déclinera pas.</p>
<p>Hubert Védrine</p>
<p>Janvier 2013</p>
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		<title>La Syrie: une tragédie révélatrice</title>
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		<pubDate>Tue, 03 Jul 2012 09:08:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Védrine</dc:creator>
		
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		<category><![CDATA[Conseil de sécurité]]></category>

		<category><![CDATA[révolutions arabes]]></category>

		<category><![CDATA[Syrie]]></category>

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		<description><![CDATA[            Alors que la révolte syrienne a débuté le 15 mars 2011 - soit deux mois après la chute de Ben Ali, un mois après celle de Moubarak - 16 mois et 16 000 morts plus tard, le régime alaouite de Bachar el Assad [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>            Alors que la révolte syrienne a débuté le 15 mars 2011 - soit deux mois après la chute de Ben Ali, un mois après celle de Moubarak - 16 mois et 16 000 morts plus tard, le régime alaouite de Bachar el Assad est toujours là, même s’il doit se battre de plus en plus férocement pour sa survie, au risque de provoquer une vraie guerre civile et de déstabiliser ses voisins. </p>
<p>            Que nous apprend sur notre monde cette résilience d’un régime aussi cruellement répressif ? </p>
<p>            D’abord, que ce que l’on appelé au début de façon aimable et champêtre, le « printemps arabe » prend, d’un pays à l’autre, des formes très contrastées, prometteuses ou tragiques, du statu quo à des guerres civiles, en passant par des évolutions et des révolutions. Et que personne ne sait comment vont évoluer, dans la longue durée, les pouvoirs et les mouvements islamistes. Il faudra beaucoup plus de recul pour en juger.</p>
<p>            Ensuite que le cas libyen était tout à fait particulier, et pas un précédent. Qu’on en juge : les dirigeants arabes n’étaient en fait pas mécontents d’être débarrassés de Kadhafi et le désordre ultérieur en Libye ne les inquiétait pas spécialement, alors que concernant la Syrie, les dirigeants arabes, comme les minorités à l’intérieur du pays appréhendent la suite. Nous avons vu aussi que les pays arabes les plus engagés - Qatar, EAU - avaient pu entrainer les autres à propos de la Libye, ce qui n’est pas vraiment le cas sur la Syrie, même si l’Arabie est devenue anti-Assad. La faiblesse et la division de l’opposition n’ont pas été un problème en Libye, alors qu’elle l’est en Syrie. Dans un cas, l’appel de la Ligue arabe a pu être assez fort pour paralyser un moment la Russie et la Chine et permettre à la France et à la Grande-Bretagne de faire voter une résolution au Conseil de sécurité, au titre du Chapitre VII, ce qui ouvrait la voie à une intervention. Dans le cas syrien, la Russie et la Chine ne sont pas prêtes à s’abstenir une seconde fois au Conseil de sécurité, cela montre que même le principe de « responsabilité de protéger », beaucoup plus légitime que le droit d’ingérence discrédité, auquel il a été substitué par un vote de l’Assemblée générale de l’ONU en 2005, se heurte à son tour à un blocage de principe de la part des non occidentaux, en particulier des BRICS.</p>
<p>            Cela confirme aussi que les occidentaux ne peuvent plus continuer à prétendre parler au nom de la « communauté internationale » toute entière, ce qui était évident depuis longtemps, mais qu’ils avaient du mal à admettre, car cela les humilie et les inquiète. Au-delà du cas syrien, ils devront en tirer les leçons sur leur stratégie à long terme vis-à-vis des émergents, et sur la nécessité de se coordonner entre eux.</p>
<p>            C’est donc une leçon d’impuissance internationale que nous inflige l’affaire syrienne. Impuissance occidentale, israélienne (Israël est inquiet) et même turque. C’est très loin de l’idée que les occidentaux se font de leur rôle, ou de la croyance dans une « communauté internationale » inspirée par eux. C’est pour eux une douche froide.</p>
<p>            Cependant l’impuissance n’est pas générale. La Russie a démontré ici dans l’affaire syrienne sa capacité résiduelle de blocage du Conseil de sécurité. Sûr de leur bon droit (a fortiori devant une répression aussi abominable et la quasi absence de résultat de la médiation de Kofi Annan, qui fait pourtant de son mieux) les occidentaux sont alors confrontés à un choix douloureux : Soit intervenir unilatéralement comme Bush en Irak (ou Israël au Liban ou dans les territoires palestiniens) sans résolution du Conseil de sécurité, ce a quoi ne songent ni Obama ni les Européens. Qui pourrait d’ailleurs concevoir une solution purement militaire au drame syrien ? </p>
<p>            Soit se résigner à continuer à multiplier proclamations, annonces de sanctions de plus en plus fermes, mais sans effet assuré, encouragements et incitations à l’opposition. Le risque est que cela s’éternise… sauf si les occidentaux arrivent à convaincre Poutine qu’il aurait tout à gagner à parrainer une sortie de crise et un processus de transition, après avoir obtenu des garanties pour ses intérêts (Tartous, vente d’armes, influence). Cela permettrait à la Russie, pour la première fois depuis 1992, de jouer un rôle positif dans une crise de premier plan. Cela intéresse-t-il Poutine plutôt soutenu dans son intransigeance par son opinion qui craint d’abord une contagion islamiste ?</p>
<p>            Les occidentaux ont tenté d’avancer dans cette voie progressive en acceptant à Genève, le 30 juin, un compromis sur un gouvernement de transition, sans plus faire du départ d’El Assad un préalable, et en incitant l’opposition à s’unir. Du coup, pour la première fois, les cinq membres permanents se sont mis d’accord sur un texte, et ce n’est pas négligeable. Mais ce progrès est ténu et fragile. Si la Russie persiste dans son blocage les occidentaux devraient alors, sur d’autres terrains, accroître pour Moscou le prix politique à payer pour cette attitude. Mais en ont-ils les moyens ? </p>
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		<title>Obama et les Européens</title>
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		<pubDate>Fri, 13 Apr 2012 09:23:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hubert Védrine</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>

		<category><![CDATA[Europe]]></category>

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		<category><![CDATA[Obama]]></category>

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			<content:encoded><![CDATA[<p>                             C’est étonnant que la relation entre le président Obama et les autres leaders occidentaux, notamment européens, ne soit pas plus féconde. Pourtant Barack Obama a une vision mondiale et les occidentaux sont confrontés à un défi sans précédent : la fin de leur quasi monopole géopolitique, du fait de la montée de dizaines d’émergents.</p>
<p>                             Les opinions européennes avaient été enthousiasmées en 2008 parce que « les américains avaient élu un noir » alors qu’Obama lui-même ne se situait pas ainsi, cf. son grand discours de Philadelphie. Mais les dirigeants européens étaient restés imprégnés de la vision simpliste et occidentaliste de G.W. Bush. Les uns et les autres s’inquiétèrent ensuite de façon puérile de ce que Obama ne s’intéresse pas assez à l’Europe, ce qui était pourtant logique : l’Europe n’est pour Obama ni un problème ni une solution. Se  dépêtrer de l’héritage Bush, développer une vraie politique asiatique étaient ses priorités logiques. </p>
<p>                             Ensuite, que s’est-il passé ? Pas grand-chose. Les relations personnelles Obama/Merkel ou Cameron, ou Sarkozy, etc. ne sont pas mauvaises, parfois bonnes, par exemple sur la Libye. Mais cela « n’embraye pas ». Obama paraît détaché, voire distant par rapport aux Européens. Ceux-ci sont absorbés par leurs problèmes. Résultat : sur les grands problèmes communs : quelle politique avec les grands émergents ? Comment relancer une croissance sans bulle, couplée à la transformation écologique et énergétique ? Comment prévenir activement le clash Islam/Occident ? Comment mieux se coordonner à l’échelle de la planète au G7, au G8, au G20, et ailleurs ? il ne semble pas y avoir une stratégie occidentale. Les communiqués rituels (contre le terrorisme, la prolifération nucléaire, le protectionnisme, pour la croissance, la régulation, etc.) ne peuvent en tenir lieu. C’est un handicap.<br />
                             La réélection – probable – en novembre 2012 de Barack Obama pourrait être l’occasion d’un nouveau départ stratégique transatlantique. Comment aborder ensemble les vingt prochaines années ? Les européens pourraient en prendre l’initiative.</p>
<p><em>Les opinions exprimées dans ce blogue sont strictement personnelles et ne reflètent pas nécessairement celles de Global Brief ou de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon.<br />
The opinions expressed in this blog are personal and do not necessarily reflect the views of Global Brief or the Glendon School of Public and International Affairs.</em></p>
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