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	<pubDate>Fri, 21 Dec 2012 20:22:17 +0000</pubDate>
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		<title>Taxe sur le carbone : solution au précipice fiscal?</title>
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		<pubDate>Fri, 21 Dec 2012 20:22:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Frédérick Gagnon</dc:creator>
		
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Le 6 décembre dernier, l’Observatoire sur les États-Unis de l’UQAM organisait conjointement avec le Bureau du Québec à Washington, l’Université Johns Hopkins et l’Association of Canadian Studies in the United States, un atelier à Washington D.C. intitulé « Solutions to the ‘Fiscal Cliff’ : How Putting a Prise on Carbon can Play a Role ».  Il s’agissait pour les conférenciers présents (Adele Morris de la Brookings Institution, Richard Caperton du Center for American Progress, Manik Roy du Center for Climate and Energy Solutions, et Alain Olivier du Bureau du Québec à Washington) de s’interroger à savoir si l’adoption, par le Congrès, d’une taxe sur le carbone pourrait représenter une partie de la solution au précipice fiscal.</p>
<p>Je vous invite à regarder la vidéo de cet atelier, disponible ici : http://www.youtube.com/watch?v=GfytvztqeYQ&amp;feature=youtu.be</p>
<p>Présent avec moi à cet atelier, mon collègue Pierre-André Gagnon, chercheur à l’Observatoire sur les États-Unis de l’UQAM, résume, dans le texte qui suit, les grandes lignes du débat qui anime les républicains et les démocrates à propos de la taxe sur le carbone.  Avec sa permission, je me permets ici de partager ses réflexions.</p>
<p><strong>Taxe sur le carbone : solution au précipice fiscal?</strong></p>
<p><strong>Par Pierre-André Gagnon, chercheur Marc Bourgie à l’Observatoire sur les États-Unis de l’UQAM</strong></p>
<p>Avec le prétendu précipice fiscal qui plane à l’horizon à Washington D.C. et la dévastation causée par l’ouragan Sandy, plusieurs commentateurs politiques suggèrent depuis quelques semaines que la mise en place d’une taxe sur le carbone pourrait s’avérer un compromis acceptable pour les républicains et les démocrates, permettant du même coup de régler en partie le problème du déficit.</p>
<p>L’idée est qu’en taxant les émissions de CO2 (provenant principalement de la combustion du charbon, du pétrole et du gaz naturel), le gouvernement fédéral pourrait s’attaquer aux changements climatiques tout en levant les revenus dont il aurait tant besoin actuellement. Une question s’impose cependant : à quoi serviraient ces revenus? À réduire le déficit?  À réduire les impôts? À investir davantage dans les énergies renouvelables?</p>
<p>De telles idées sont intéressantes, mais même si les deux grands partis finissaient par s’entendre sur le principe d’une taxe sur le carbone, pourraient-ils s’entendre sur les détails?  Pour y voir un peu plus clair, voici un survol des principes de base d’une taxe sur le carbone ainsi que des principaux obstacles qui empêchent l’adoption d&#8217;une telle taxe à Washington.</p>
<p><strong>Qu’est-ce que la taxe sur le carbone?</strong></p>
<p>De manière générale, la taxe sur le carbone est une taxe sur les émissions de CO2. Puisque ce gaz est le principal facteur des changements climatiques, la taxe représente un moyen d’inciter les gens à en émettre moins. En langage économique, il faudrait plutôt dire que les émissions de CO2 représentent une externalité puisqu’elles imposent des coûts à la société (les impacts des changements climatiques, comme l’ouragan Sandy) que ses responsables n’ont pas à assumer.</p>
<p>Encore selon le jargon économique, la taxe sur le carbone permet d’internaliser les coûts de cette pollution dans les produits et les services afin que leurs prix reflètent leurs coûts réels pour la société. En théorie, cette approche permet de corriger ce que les économistes décrivent comme une défaillance du marché. C&#8217;est pourquoi ils décrivent cette taxe comme un mécanisme de marché.</p>
<p>Par exemple, en taxant le carbone, les prix de l’essence ainsi que les prix de l’électricité produite à partir de combustible fossile augmenteraient puisqu&#8217;ils devraient inclure le coût relié aux émissions de CO2 qui en découlent. La logique du marché devrait donc, en théorie, inciter les gens à moins conduire leur voiture, à moins gaspiller d’électricité ou à acheter des véhicules et des appareils électriques plus économiques, et ce, pour le bien du climat.</p>
<p>Une taxe sur le carbone se mesure habituellement en dollars par tonne de CO2. Dans la majorité des cas où de telles taxes sont en vigueur, la taxe augmente de manière régulière chaque année. Par exemple, la taxe sur le carbone qui a été mise en place en 2008 en Colombie-Britannique a commencé à 10 $ et a atteint 30 $ par tonne le 1er juillet 2012. Considérant la différence entre une taxe élevée et une taxe faible pour certaines entreprises, on constate que la détermination du prix et sa croissance sur le moyen et long terme représenteraient un premier obstacle.</p>
<p><strong>Une taxe régressive</strong></p>
<p>Il reste cependant que peu importe le montant de cette taxe, celle-ci sera à la base régressive. En effet, puisque c’est sur les prix de l’énergie que la taxe aurait le plus d’impact, elle affecterait proportionnellement plus les personnes à faible revenu parce qu’une plus grande part de leurs dépenses va à l’énergie. C’est pourquoi les projets de taxe sur le carbone incluent presque tous des compensations financières visant à la rendre plus progressive. Il y a cependant plusieurs moyens d’y arriver. Les voici en ordre de la plus régressive à la plus progressive :</p>
<p>•	Une diminution des impôts sur le revenu (« income tax »). C’est une option très régressive puisque les personnes à faible revenu n’en paient pas et surtout parce que cet impôt est la principale source de progressivité dans le système de taxation des États-Unis.<br />
•	Une diminution de la taxe sur les salaires (« payroll tax »). Puisque la majorité des Américains paient cette taxe, une telle mesure rendrait la taxe beaucoup plus progressive. Elle n’aiderait cependant pas les personnes qui n’en paient pas.<br />
•	Un système de dividendes qui transférerait un montant d’argent directement à chaque citoyen. Cette mesure pourrait fonctionner comme le Fond permanent de l’Alaska (« Alaska Permanent Fund ») qui distribue une partie de la rente pétrolière à ses citoyens de manière égale.<br />
•	Un support financier direct aux personnes à faible revenu. Il y aurait plusieurs manières de procéder, mais un moyen simple pourrait être un système de dividendes restreint aux personnes en besoin.</p>
<p>Il y a donc plusieurs moyens de redonner une partie des revenus à la population. Les groupes plus environnementalistes militent pour les mesures plus progressives comme le système de dividendes, alors les groupes plus conservateurs aimeraient plutôt voir une réduction de l’impôt sur le revenu. Il y a donc un choix politique très important à faire ici, et ce, surtout parce que plusieurs projets de taxes sur le carbone seraient neutres en terme de revenu pour le gouvernement. Il y aurait donc beaucoup d’argent à retourner à la population.</p>
<p><strong>Une taxe neutre</strong></p>
<p>La logique derrière cette idée peut se résumer ainsi : « taxer une chose que l’on ne veut pas (les émissions de CO2) au lieu d&#8217;une chose que l’on veut (des salaires) ». L’expression anglaise « tax swap » illustre aussi bien l’idée d’échanger une taxe pour une autre. À première vue, cette idée a tout pour plaire aux républicains qui veulent à tout prix éviter d’augmenter les taxes. En effet, elle n’implique aucun revenu supplémentaire pour le gouvernement. En d&#8217;autres mots, une taxe neutre. Même Grover Norquist a affirmé que la taxe ainsi construite serait compatible avec son serment de protection des contribuables (« Taxpayer Protection Pledge ») (http://www.politico.com/news/stories/1112/83796.html). Malgré le fait qu&#8217;il ait changé d&#8217;idée deux jours plus tard, il serait possible d’argumenter que cette taxe pourrait permettre de lutter contre les changements climatiques sans pour autant augmenter la taille du gouvernement fédéral et nuire à la croissance économique.</p>
<p>Ce dernier point est important puisque pour les républicains, toute augmentation de taxe ne peut que nuire à cette croissance et ainsi, à l’emploi. Ils ont cependant une autre crainte par rapport aux impacts économiques d’une éventuelle taxe sur le carbone. Puisqu’une telle taxe augmenterait les prix de l’énergie, les entreprises américaines s’en retrouveraient ainsi moins compétitives. C’est pourquoi certains groupes conservateurs proposent de ne pas uniquement baisser les impôts sur le revenu des particuliers, mais aussi ceux des entreprises.</p>
<p>Avec toute cette discussion sur les taxes et les impôts, il ne faut cependant pas oublier que la motivation initiale pour arriver à une entente demeure de régler le problème du déficit. Ici aussi, il y aurait donc un choix très important à faire afin de déterminer la distribution des revenus entre les personnes à faible revenu, la population en général, les entreprises et la réduction du déficit.</p>
<p>Malgré les décisions difficiles qu’elle implique, cette manière de concevoir la taxe sur le carbone peut s’avérer séduisante si les revenus ne vont pas tous aux plus riches. Elle néglige cependant un élément très important. L’objectif initial de cette taxe était de lutter contre les changements climatiques, mais avec une taxe neutre, il n’y aurait plus de revenus à investir pour réduire les émissions de CO2.</p>
<p><strong>Une taxe verte</strong></p>
<p>Pour les groupes environnementalistes, la taxe sur le carbone est une idée intéressante puisqu’en plus de fixer un prix pour les émissions de CO2, elle permettrait de lever les fonds nécessaires à l’accélération d’une transition énergétique vers une économie « décarbonisée ». Les groupes environnementalistes aimeraient par exemple voir le gouvernement subventionner la recherche dans le domaine de l’énergie et, surtout, le déploiement rapide des technologies existantes comme les énergies éolienne et solaire.</p>
<p>Ce dernier point est important de leur point de vue puisque selon certaines études, dont une revue de la littérature réalisée par la Brookings Institution, une taxe sur le carbone n’induirait pas une transition énergétique suffisamment rapide pour limiter les impacts des changements climatiques (http://www.brookings.edu/research/opinions/2012/10/31-carbon-tax-muro). En d’autres mots, pour sauver le climat, une taxe n’est pas suffisante. D’autres disent que la taxe serait suffisante&#8230; si elle est assez élevée (http://www.carbontax.org/blogarchives/2012/12/03/charm_or_chimera/).</p>
<p>Inutile de dire que ces propositions sont difficilement acceptables du côté républicain. D’une part, une taxe trop élevée nuirait beaucoup trop à l’industrie des combustibles fossiles pour qu’elle soit acceptable pour ce parti et, d’autre part, des investissements dans les énergies propres impliquent une chose encore plus repoussante pour les républicains : des interventions du gouvernement.  Au contraire, les républicains pourraient être tentés de profiter des négociations sur une éventuelle taxe sur le carbone pour obtenir en échange le retrait de certaines réglementations environnementales qui, selon eux, nuisent à l’économie en entravant le marché. Ils exigeraient certainement aussi la fin des initiatives de l’EPA visant à limiter les émissions de gaz à effet de serre puisque de leur point de vue, elles ne seraient plus nécessaires.</p>
<p><strong>Taxe sur le carbone en vue?</strong></p>
<p>Même si l’idée d’une taxe sur le carbone peut sembler séduisante à première vue, ce court texte démontre qu’en pratique, elle n’est pas simple à mettre en place. Même si les deux grands partis devaient s’entendre sur le principe de base d’une telle taxe, leurs divergences de priorités ne feraient que ressortir au moment de s&#8217;entendre sur chacun des éléments présentés plus haut. En d’autres mots, le diable est dans les détails.</p>
<p>En plus de ces pierres d&#8217;achoppement, il ne fait aucun doute que certains élus profiteraient des négociations pour obtenir des avantages et des concessions pour leurs commettants. Pour ceux qui en doutent, il suffit de relire l&#8217;article Ryan Lizza pour constater qu&#8217;en 2010, lors de l&#8217;élaboration au Sénat de leur projet de loi visant à mettre en place une bourse du carbone, John Kerry, Joseph Lieberman et Lindsey Graham (avant qu&#8217;il ne quitte le groupe) se sont trouvés dans l’obligation de faire des « cadeaux » à l’industrie du charbon et certaines industries énergivores, dans le but d&#8217;obtenir les 60 votes nécessaires pour surmonter le « filibuster » (http://www.newyorker.com/reporting/2010/10/11/101011fa_fact_lizza).</p>
<p>Ainsi, pour citer le blogueur environnementaliste David Roberts : « All political incentives push toward a poorly designed tax. » (http://grist.org/climate-energy/ten-reasons-a-carbon-tax-is-trickier-than-you-think/) Il parle bien évidemment d&#8217;un point de vue climatique. En d&#8217;autres mots, même si une taxe sur le carbone devait être adoptée, ce qui serait très surprenant, il ne fait aucun doute que les considérations environnementales passeraient en dernier. La taxe sur le carbone contribuerait-elle réellement à la lutte aux changements climatiques ou serait-elle avant tout symbolique? Voyant l’enthousiasme avec lequel certains groupes conservateurs embrassent cette taxe, la réponse peut sembler évidente.</p>
<p><em>Les opinions exprimées dans ce blogue sont strictement personnelles et ne reflètent pas nécessairement celles de Global Brief ou de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon.</p>
<p>The opinions expressed in this blog are personal and do not necessarily reflect the views of Global Brief or the Glendon School of Public and International Affairs.</em></p>
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		<title>10 choses à surveiller mardi soir</title>
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		<pubDate>Mon, 05 Nov 2012 20:16:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Frédérick Gagnon</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[Ça y est!  La campagne électorale de 2012 est terminée.  Ou presque…  Et voici dix choses à surveiller mardi soir.
1- Ohio, Wisconsin, Colorado et Iowa 
Jetez un œil à ces quatre États, car si l’on apprend, à partir de 19:30, que Romney se dirige vers des victoires en Floride, en Virginie et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ça y est!  La campagne électorale de 2012 est terminée.  Ou presque…  Et voici dix choses à surveiller mardi soir.</p>
<p><strong>1- Ohio, Wisconsin, Colorado et Iowa </strong></p>
<p>Jetez un œil à ces quatre États, car si l’on apprend, à partir de 19:30, que Romney se dirige vers des victoires en Floride, en Virginie et au New Hampshire, Obama devra absolument gagner l’Ohio pour conserver la présidence.  Il devra, en plus de l’Ohio, gagner au moins deux États parmi le Wisconsin, le Colorado et l’Iowa.  Pour mémoire, <a href="http://www.politico.com/news/stories/1012/82595.html#OH">les bureaux de scrutin fermeront à 19:30 en Ohio, à 21:00 au Wisconsin et au Colorado et à 22:00 en Iowa (heure de Montréal)</a>.  Si Obama perd la Floride, la Virginie, le New Hampshire et l’Ohio, Romney sera le nouveau président des États-Unis.</p>
<p><strong>2- Ohio, Ohio, Ohio</strong></p>
<p>Si les résultats sont à l’image des <a href="http://www.realclearpolitics.com/epolls/2012/president/2012_elections_electoral_college_map.html#battlegrounds">sondages disponibles sur le site <em>RealClearPolitics</em></a> (et si le dépouillement des votes se fait rapidement et sans embuche, ce qui est loin d’être assuré), il ne sera peut-être pas nécessaire d’attendre les résultats du Wisconsin, de l’Iowa, du Colorado et du Nevada pour connaître le gagnant.  En effet, <em>RealClearPolitics</em> estime que Romney gagnera la Floride, mais ne sera pas en mesure de l’emporter au New Hampshire, en Virginie et en Ohio.  Si Obama remporte effectivement ces États, la course se terminera en Ohio et peu importera les résultats ailleurs au pays.  Mais attention !  Les résultats seront si serrés en Virginie et en Ohio qu’il faudra sans doute attendre le dépouillement de TOUS les votes dans ces États avant de connaître l’identité du vainqueur.  En somme, un grand café pourrait être utile demain soir.</p>
<p><strong>3- Le perdant concèdera-t-il la victoire dès mardi ?</strong></p>
<p>Depuis quelques semaines, l’élection s’annonce si serrée qu&#8217;il ne serait pas surprenant que l&#8217;un ou l&#8217;autre des candidats exige le recomptage des votes dans certains États clés.  En 2004, on s’en souvient, le démocrate John Kerry avait attendu le lendemain de l’élection avant de concéder officiellement la victoire à George W. Bush en Ohio, où les résultats avaient été très serrés.  Ceux et celles qui attendront les discours officiels des candidats mardi soir pourraient donc devoir acheter un autre café, gigantesque cette fois, s’ils souhaitent attendre jusqu’au bout…  ou peut-être devront-ils poursuivre leur soirée électorale mercredi si l&#8217;un des candidats nous refait le coup de Kerry en 2004.</p>
<p><strong>4- 2012 : comme en 2000 ?</strong></p>
<p>Certains experts, comme <a href="http://abcnews.go.com/Politics/OTUS/obama-win-majority-electoral-college-fight-ensue/story?id=17567583#.UJgVwbSQuWc">Z. Byron Wolf</a>, notent également qu’Obama pourrait, comme George W. Bush en 2000, gagner au Collège électoral sans obtenir une majorité des votes à l’échelle du pays.  <a href="http://www.realclearpolitics.com/epolls/2012/president/us/general_election_romney_vs_obama-1171.html">Les données de sondages disponibles sur le site <em>RealClearPolitics</em> illustrent que cela est loin d&#8217;être impossible</a> : les candidats sont au coude à coude dans les intentions de votes à l’échelle nationale : 48,5% Obama et 48,1% Romney.  Peut-être certains républicains affirmeront-ils, au lendemain de l’élection, qu’il est grand temps d’en finir avec le système du Collège électoral ?</p>
<p><strong>5- Si Obama gagne, quel sera le ton du discours de Romney ?</strong></p>
<p>Romney sera-t-il aussi « bon perdant » que John McCain en 2008, qui avait prononcé un noble discours de défaite en invitant les membres de son parti à appuyer le président et à l’aider à forger les compromis nécessaires pour relancer le pays ?  Cela semblerait essentiel à l’heure où l’on dit des membres des deux partis qu’ils ne s’adressent pratiquement plus la parole.  Car faut-il le rappeler, il y aura une vie après l’élection et nécessité pour la Maison-Blanche et le Congrès de négocier rapidement des accords sur plusieurs grandes questions, dont la dette, l’emploi et les impôts. </p>
<p><strong>6- Quelle sera la grande innovation technologique de CNN ?</strong></p>
<p>Lors de l’élection de 2008, CNN, reine télévisuelle des soirées électorales à spectacle et à grand déploiement, avait fait un pas de plus vers les nouvelles technologies avec ses analystes <a href="http://www.youtube.com/watch?v=thOxW19vsTg">en version holographique qui pouvaient apparaître en studio, aux côtés de Wolf Blitzer, sans véritablement y être</a>.  Quelle surprise nous réserve CNN cette année ?  Analystes robotiques ?  Ouragans en version holographique en studio pour permettre à Anderson Cooper de se sentir dans son élément ?  Passage à la télévision olfactive, qui permettrait aux téléspectateurs de découvrir, dans le confort de leur foyer, ce qu’est la véritable odeur de la victoire et de la défaite ?  <img src='http://globalbrief.ca/frederick-gagnon/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';)' class='wp-smiley' /> </p>
<p><strong>7- Élections au Congrès</strong></p>
<p>Mardi soir, n’oubliez pas qu’on n&#8217;élit pas seulement le président des États-Unis&#8230;  Il y a aura des centaines d’autres élections, à des postes de gouverneurs, législateurs d’États, juges d’États, etc.  Mais sans doute les plus palpitantes hormis l’élection présidentielle seront les courses au Congrès des États-Unis, la législature fédérale du pays.  Le Congrès est constitué de deux chambres : la Chambre des représentants, qui compte 435 sièges, et le Sénat, qui en compte 100.  Mardi, les 435 sièges de la Chambre et 33 sièges du Sénat sont en jeu.  Les républicains sont actuellement majoritaires à la Chambre (242 républicains / 193 démocrates).  Les démocrates auront donc besoin de soutirer 25 sièges au parti de Romney pour reprendre le contrôle de cette chambre.  <a href="http://cookpolitical.com/house/charts/race-ratings">On estime qu’ils ont de bonnes chances d’en gagner entre 10 et 15</a>.  Surprendront-ils les experts ?  Au Sénat, les démocrates sont majoritaires (53 démocrates / 47 républicains).  Le parti de Romney a donc besoin de soutirer 3 ou 4 sièges aux démocrates s’il souhaite élire une majorité au Sénat (3 si Romney gagne la présidentielle, car en cas d’égalité de 50-50 au Sénat, le vice-président Paul Ryan pourrait y exercer son droit de vote et, ainsi, trancher en cas d’impasse lors des votes en assemblée plénière sur les budgets, amendements, lois, etc.).  Pour l’instant, <a href="http://cookpolitical.com/senate/charts/race-ratings">on estime cependant que les républicains n’ont peut-être pas ce qu’il faut pour élire une majorité au Sénat</a>.  Surveillez onze sénatoriales mardi soir : d’une part, celles pour les six sièges qui appartiennent à des démocrates au Nebraska, au Montana, en Virginie, au Dakota du Nord, au Wisconsin et au Connecticut.  D’autre part, les cinq sénatoriales pour des sièges qui appartiennent actuellement aux républicains au Massachusetts, en Arizona, en Indiana, au Maine et au Nevada.  Pour ceux et celles que ça intéresse, mon petit doigt me dit que les républicains gagneront cinq de ces onze courses.  Pas suffisant donc pour élire une majorité au Sénat.  Mais sait-on jamais !</p>
<p><strong>8- Élections à proximité du Québec</strong></p>
<p>Parmi les autres élections qui se dérouleront mardi, deux courses pour combler des postes de gouverneurs auront lieu dans des États voisins du Québec.  Pour mémoire, les gouverneurs sont l’équivalent des premiers ministres provinciaux au Canada.  Au Vermont, le démocrate Peter Shumlin n’aura vraisemblablement pas de difficulté à conserver son siège et à battre le républicain Randy Brock.  Au New Hamsphire, la course sera plus palpitante alors que la démocrate Maggie Hassan et le républicain Ovide Lamontagne se disputent le siège de l’actuel gouverneur John Lynch, qui quittera son poste dans quelques semaines.  Fait intéressant à noter à propos d’Ovide Lamontagne : il pourrait devenir le premier gouverneur d’origine canadienne-française de l’histoire du New Hampshire.  </p>
<p><strong>9- Questions référendaires</strong></p>
<p>En plus de voter pour le président, des représentants, des sénateurs et autres, les électeurs de certains États seront également invités à se prononcer sur diverses questions référendaires.  Il sera particulièrement intéressant de surveiller si les électeurs du Maine, du Maryland et de l’État de Washington voteront pour ou contre la légalisation du mariage de personnes de même sexe dans ces États.  Certains seront également curieux de savoir si les électeurs du Colorado, de l’Oregon et de l’État de Washington feront un pas de plus vers la légalisation de la marijuana ou encore si les électeurs de l’Oklahoma accepteront de donner plus de pouvoir aux policiers pour intercepter les individus soupçonnés d’être des immigrants illégaux. </p>
<p><strong>10- Les réseaux sociaux auront-il le « scoop » avant la télévision ?</strong></p>
<p>En terminant, ceux et celles qui utilisent les outils de réseautage en ligne savent une chose à propos des transformations qu’ont connues le paysage médiatique américain ces dernières années : il n’est plus rare que les utilisateurs de sites comme <em>Twitter</em> apprennent « la nouvelle » ou « les scoops » avant qu’on en fasse l’annonce à la télévision.  À ce titre, il sera intéressant, mardi soir, d’utiliser <em>Twitter</em> pour suivre en temps réel ce que les principaux experts et acteurs de la politique américaine apprennent et nous communiquent à mesure que la soirée avancera.  En effet, il est probable que l’on connaisse l’issue de certaines courses sur <em>Twitter</em> bien avant qu’on en fasse « officiellement » l&#8217;annonce sur des réseaux de télé comme CNN.  À ce titre, j’invite d&#8217;ailleurs les lecteurs et lectrices de ce billet à dialoguer avec moi et d’autres experts de la politique américaine toute la soirée mardi, sur <em>Twitter</em>, en utilisant le mot-clic ou « hashtag » officiel de l’Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand de l’UQAM.  Ce mot-clic est le suivant : <a href="https://twitter.com/search?q=%23etatsunis2012">#EtatsUnis2012</a></p>
<p>Et surtout, bonne soirée électorale !</p>
<p><em>Les opinions exprimées dans ce blogue sont strictement personnelles et ne reflètent pas nécessairement celles de Global Brief ou de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon.</p>
<p>The opinions expressed in this blog are personal and do not necessarily reflect the views of Global Brief or the Glendon School of Public and International Affairs.</em></p>
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		<title>Et si la planète votait: opinion mondiale et duel Obama Romney</title>
		<link>http://globalbrief.ca/frederick-gagnon/2012/11/05/et-si-le-planete-votait-opinion-mondiale-et-duel-obama-romney/</link>
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		<pubDate>Mon, 05 Nov 2012 15:54:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Frédérick Gagnon</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[(Note: ce billet a été coécrit avec Julien Tourreille, qui en est le premier auteur.  Julien Tourreille est directeur adjoint de l&#8217;Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand de l&#8217;UQAM).
Les enjeux internationaux ne constituent pas un thème majeur de la campagne électorale en cours aux États-Unis. La population américaine est avant tout soucieuse [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>(Note: ce billet a été coécrit avec Julien Tourreille, qui en est le premier auteur.  Julien Tourreille est directeur adjoint de l&#8217;Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand de l&#8217;UQAM).</p>
<p>Les enjeux internationaux <a href="http://www.ipsos-na.com/download/pr.aspx?id=11840">ne constituent pas</a> un thème majeur de la campagne électorale en cours aux États-Unis. La population américaine est avant tout soucieuse d’économie et les candidats à la présidence ne se préoccupent guère des préférences des opinions publiques internationales quant à la personnalité et aux positions du prochain hôte de la Maison-Blanche. Pour autant, les échecs ou les succès de la politique étrangère du gagnant du scrutin de demain dépendront en partie des perceptions qui prévalent à l’étranger. À ce titre, une <a href="http://www.pewglobal.org/2012/06/13/global-opinion-of-obama-slips-international-policies-faulted/">étude publiée</a> par le <em>Pew Research Center</em> en juin 2012 est riche d’enseignements. Trois sont particulièrement intéressants.</p>
<p>Premièrement, l’élection américaine de cette année ne suscite pas le même engouement que celle de 2008 au-delà des frontières américaines. Même si des majorités dans nombre de pays (à l’exception notable du Moyen-Orient) espèrent que Barack Obama remportera un second mandat, la campagne en cours est beaucoup moins suivie à l’international qu’il y a quatre ans. Au Japon et en Allemagne, l’attention pour la campagne 2012 est inférieure de 20 points à ce qu’elle était en 2008. En France, au Royaume-Uni, en Jordanie ou encore en Égypte, entre un quart et un tiers des personnes sondées suivent la campagne 2012, une diminution de 16 à 17 points par rapport à 2008. Seule la Chine fait exception avec un niveau d’intérêt pour les élections américaines de cette année en hausse de 19 points comparativement à 2008.</p>
<p>Deuxièmement, le bilan de Barack Obama en politique étrangère a déçu. L’enthousiasme lors de son arrivée à la Maison-Blanche en janvier 2009 s’était accompagné d’attentes particulièrement élevées, et irréalistes. Les opinions publiques sur la scène internationale s’attendaient ainsi à ce qu’une administration Obama tienne davantage compte des intérêts des autres États. Or, à l’exception de la Chine et du Brésil, les États-Unis demeurent majoritairement perçus comme unilatéralistes en matière de politique étrangère. Outre cet élément de l’opinion publique internationale, deux dossiers suscitent une évidente déception, voire une certaine opposition. Le premier concerne l’attitude américaine dans le conflit israélo-palestinien. Le discours du Caire prononcé le 4 juin 2009 par Barack Obama avait pu laisser entendre que les États-Unis rejoueraient un rôle « d’honnête courtier » dans la recherche d’une solution à ce conflit. Alors que celui-ci est aujourd’hui dans une impasse totale, une majorité des opinions publiques sondées dans 20 pays estiment que l’administration Obama a privilégié le camp israélien. Le second dossier suscitant une réprobation marquée sur la scène internationale est le <a href="http://counterterrorism.newamerica.net/drones">recours aux drones</a>. Ces avions sans pilote sont devenus l’outil de prédilection dans la lutte américaine contre le terrorisme et l’administration Obama en a accru l’usage de façon exponentielle. L’emploi de cette technologie est décrié par de fortes majorités à travers toutes les régions du monde, que ce soit au Moyen-Orient, en Europe, en Asie, ou encore en Amérique latine. Si les Américains approuvent cette méthode de gestion de la menace terroriste, il n’en demeure pas moins qu’elle alimente l’anti-américanisme à l’échelle mondiale.</p>
<p>Perception positive des États-Unis, en %</p>
<p>	     2008	2009	   2012<br />
France	42	75	69<br />
Pologne	68	67	69<br />
Roy.-Uni	53	69	60<br />
Espagne	33	58	58<br />
Allemagne31	64	52<br />
Russie	46	44	52<br />
Liban	51	55	48<br />
Egypte	22	27	19<br />
Turquie	12	14	15<br />
Jordanie	19	25	12<br />
Pakistan	19	16	12<br />
Japon	50	59	72<br />
Chine	41	47	43<br />
Mexique	47	69	56</p>
<p>Source : Pew Research Center, « Global Opinion of Obama Slips, International Policies Faulted », 13 juin 2012 <a href="http://www.pewglobal.org/2012/06/13/global-opinion-of-obama-slips-international-policies-faulted/">http://www.pewglobal.org/2012/06/13/global-opinion-of-obama-slips-international-policies-faulted/ </a></p>
<p>Troisièmement, bien que la politique étrangère menée par l’administration Obama ait déçu et que le taux de satisfaction à l’endroit du président américain ait diminué par rapport à 2009, l’image des États-Unis dans le monde est généralement meilleure aujourd’hui qu’elle ne l’était en 2008. L’économie chinoise est certes dorénavant perçue comme plus dominante que l’américaine : 41 % des personnes interrogées estiment que la Chine est la première puissance économique, contre 36 % pour les États-Unis. Or, ces derniers conservent une capacité d’attraction, d’influence et de séduction tout à fait considérable. La façon de faire des affaires, les prouesses scientifiques et technologiques, la conception de la démocratie sont autant d’éléments du soft power américain qui suscitent l’admiration et l’envie des opinions publiques à travers le monde. Il existe toutefois une région dans laquelle la présidence de Barack Obama n’a pas contribué à améliorer l’image des États-Unis : c’est le Grand Moyen-Orient. En Jordanie et au Pakistan, cette image est même plus dégradée aujourd’hui qu’elle ne l’était en 2008.</p>
<p>La réélection de George W. Bush en 2004 avait déçu une large part des opinions publiques sur la scène internationale et elle avait altéré l’image des États-Unis dans le monde. Une défaite de Barack Obama et une victoire de Mitt Romney le 6 novembre prochain auraient probablement un effet similaire.  Mais comme le démontre la situation au Moyen-Orient, ce n’est pas tant la personnalité de l’hôte de la Maison-Blanche qui assure une bonne réputation américaine et des succès de politique étrangère. Des positions équilibrées de la part de Washington sur des dossiers concrets et le climat politique local sont en l’espèce des éléments fondamentaux et indispensables.</p>
<p>En terminant, le cas du Canada révèle à quel point Barack Obama reste populaire dans certains pays à l&#8217;étranger.  Selon un <a href="http://www.angus-reid.com/polls/47461/obama-clearly-preferred-over-romney-in-canada-and-britain/">sondage <em>Angus Reid</em></a> mené il y a quelques jours, 72% des Canadiens sondés voteraient pour Obama s’ils pouvaient participer au scrutin de demain.  Seulement 10% voteraient pour Romney.  Ces chiffres ressemblent à ceux de 2008 : il y a quatre ans, une <a href="http://www.cdfai.org/PDF/Canada%20and%20the%20United%20States%20Good%20Neighbours.pdf">étude du <em>Canadian Defence and Foreign Affairs Institute</em></a> illustrait que 72% des Canadiens souhaitaient la victoire d’Obama et 12% celle de McCain.  Tout comme en 2008, l’appui à Obama est particulièrement fort au Québec.  Selon un <a href="http://www.theglobeandmail.com/news/world/us-election/two-thirds-of-canadians-would-re-elect-president-obama/article4723889/">sondage <em>GlobeScan</em></a>, 79% des Québécois appuient le démocrate, contre 60% en Alberta et en Colombie-Britannique.  Ainsi, l’Obamanie qui avait frappé le Québec il y a quatre ans ne semble pas s’être estompée.</p>
<p><em>Les opinions exprimées dans ce blogue sont strictement personnelles et ne reflètent pas nécessairement celles de Global Brief ou de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon.</em></p>
<p><em> </em></p>
<p><em>The opinions expressed in this blog are personal and do not necessarily reflect the views of Global Brief or the Glendon School of Public and International Affairs.</em></p>
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    <item>
		<title>Le Sud des États-Unis: une région méconnue (2)</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Oct 2012 18:48:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Frédérick Gagnon</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

		<category><![CDATA[États-Unis]]></category>

		<category><![CDATA[Sud]]></category>

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		<description><![CDATA[Le 4 octobre dernier, ma collègue Ginette Chenard, chercheure senior à l&#8217;Observatoire sur les États-Unis de l&#8217;UQAM et ancienne Déléguée du Québec à Atlanta, a animé une table ronde organisée par notre Observatoire et qui s&#8217;intitulait &#8220;Le Sud: quel poids?&#8221;.  Le but de cette table ronde, qui réunissait trois experts américains de cette région [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le 4 octobre dernier, ma collègue Ginette Chenard, <a href="http://www.dandurand.uqam.ca/chercheurs/64-chercheurs/1004-ginette-chenard.html">chercheure senior à l&#8217;Observatoire sur les États-Unis de l&#8217;UQAM et ancienne Déléguée du Québec à Atlanta</a>, a animé une <a href="http://www.dandurand.uqam.ca/evenements/evenements-a-venir/1079-le-sud-des-etats-unis-quel-poids-.html">table ronde organisée par notre Observatoire et qui s&#8217;intitulait &#8220;Le Sud: quel poids?&#8221;</a>.  Le but de cette table ronde, qui réunissait trois experts américains de cette région (Seth McKee de la <em>University of Florida</em>, Richard Vengroff de <em>Kennesaw State University</em> et Chris Young de <em>Georgia Tech</em>), était de mieux faire connaître le Sud des États-Unis et son impact sur l&#8217;élection de 2012.</p>
<p>En prévision de cette table ronde, Ginette Chenard a rédigé un texte fort détaillé et qui aide à mieux cerner les caractéristiques économiques, sociales, politiques et identitaires du Sud des États-Unis.  Avec sa permission, je diffuse aujourd&#8217;hui sur ce blogue une deuxième partie de ce texte.  Les autres parties seront disponibles sur le site de la Chaire Raoul-Dandurand au cours des prochains jours, au <a href="http://www.usa2012.uqam.ca">www.usa2012.uqam.ca</a></p>
<p>***</p>
<p><strong>MUTATION DÉMOGRAPHIQUE ET DIVERSITÉ SOCIO-POLITIQUE</strong></p>
<p><strong>Par GINETTE CHENARD</strong></p>
<p><strong>L’étoffe démographique en pleine mutation</strong></p>
<p>Le Sud se transforme en profitant d’une formidable explosion démographique.  Entre 1960 et 2010, la population des 12 États du Sud a doublé pour atteindre 101,5 millions d’habitants.  L’ampleur de ce boom démographique est unique aux États-Unis pendant cette période.  C’est là le résultat d’une conjonction de mouvements, tels les migrations, l’immigration, l’urbanisation et la modernisation économique.  </p>
<p>Le Sud compte maintenant deux États parmi les quatre plus populeux des États-Unis, le Texas et la Floride, de même que plusieurs pôles de développement d’importance.  Parmi les dix principales régions métropolitaines des États-Unis de plus de 5 millions d’habitants, quatre sont localisées en totalité dans le Sud.  Une cinquième mérite d’être ajoutée à la liste, celle de Washington-Arlington-Alexandrie, car elle recoupe le Nord de la Virginie, le principal pôle de croissance démographique de cette région métropolitaine.  De toute évidence, cette importante concentration de régions métropolitaines dans le Sud constitue un fait singulier aux États-Unis, et confirme à elle seule le poids démographique incontestable de cette région et, par-là, le poids économique absolument non négligeable de cette région qui se distingue à ces égards également.</p>
<p><strong>Les migrations et le monde à l’envers</strong></p>
<p>La région s’est surtout enrichie économiquement et diversifiée sur le plan socio-politique grâce, avant tout, à ce que des experts ont appelé la « northernization » du Sud, un phénomène décrivant la migration vers le Sud d’un très grand nombre de citoyens de race blanche en provenance du Nord-Est en particulier.  Ces gens y ont trouvé des conditions favorables à leur épanouissement professionnel et financier, mais également un milieu familial et communautaire propice.  Autrefois, de purs « Yankees », aujourd’hui des « Yankees sudistes », ils ont fait du Sud leur propre Eldorado, tout en se flattant d’afficher encore un certain dépit et de vanter la pérennité de leurs penchants nordistes pourtant d’histoire ancienne, alors qu’ils sont sans conteste dans le Sud pour y rester.  </p>
<p>Le bureau du recensement indique qu’entre 1950 et 1980, la population des Blancs non d’origine sudiste était passée de 8 à 20%.  La moitié de cette migration en provenance du Nord s’est alors installée de préférence en Floride, alors que les États de la Virginie et du Texas accueillaient également chacun environ 20% de cette population.  Des données du recensement de 2010 confirment que le Sud figure encore au premier rang des régions américaines quant à l’accroissement de la population entre 2000 et 2010, la majorité étant constituée de mouvements migratoires inter-régions.  La croissance démographique favorable au Sud pour cette période est de l’ordre de 14,3%.  Elle a surtout profité au Texas, à la Géorgie et à la Floride, dont les populations ont respectivement augmenté de 20,6%, 18,3% et 17,6%, la plupart du temps au profit des grandes régions métropolitaines.  </p>
<p>Il convient également de signaler un important renversement de migration vers le Sud, cette fois, de plusieurs descendants de ces quelque six millions d’Afro-américains qui avaient migré vers le Nord, entre 1915 et 1960.  Selon les données du recensement de 2010, un nombre équivalent serait revenu depuis.  Parmi ces migrants, un grand nombre de professionnels et d’ouvriers spécialisés à la recherche de nouveaux emplois disponibles dans le Sud.  En outre, les données du recensement confirment le fléchissement de la communauté afro-américaine dans les métropoles du Nord, comme Chicago.  À titre d’exemple, plus d’un demi-million d’Afro-américains se sont installés à Atlanta depuis 1960; ce qui fait maintenant d’Atlanta la deuxième ville quant à l’importance de cette communauté après New York, mais avant Chicago.  </p>
<p>La population afro-américaine dans le Sud est présentement estimée à 23 millions d’habitants et recoupe 20% de la population totale.  Elle est concentrée surtout en Floride (3,2M), au Texas (3,1M) et en Géorgie (3,0M).  S’est implantée progressivement, cette tendance favorable à l’installation de plusieurs membres de cette communauté, parmi les plus éduqués et les plus aisés, hors des zones traditionnelles confinées dans le « Deep South », et même dans les banlieues des grandes villes, autrefois des dortoirs réservés uniquement aux personnes de race blanche.  </p>
<p>S’ajoute à ce mouvement migratoire vers le Sud, le déménagement de plusieurs personnes à la retraite en provenance d’autres régions des États-Unis et d’ailleurs (y compris du Québec), tous attirés par une température fort clémente, des taux de taxation peu élevés, une grande disponibilité de terrains encore à prix raisonnables, le logement à des coûts abordables, l’hospitalité des gens, le coût de la vie relativement bas, la qualité de la vie reconnue, etc.  </p>
<p><strong>L’immigration et le sort des hispanophones</strong></p>
<p>Au chapitre de l’immigration, c’est dans le Sud que le taux de croissance, de l’ordre de 88%, a été le plus élevé entre 1990 et 2000 aux États-Unis.  Environ 64% des nouveaux arrivants proviennent d’Amérique latine, principalement du Mexique, 19% d’Asie et 11,5% d’Europe.  En soi, la croissance de la communauté hispanophone constitue un phénomène d’une ampleur considérable, quoique difficile à quantifier correctement.  Parmi les quelque 10,8 millions d’Hispanophones installés aux États-Unis et déclarés sans-papier, selon des données conservatrices mais officielles du Department of Homeland Security (DHS), &#8212; d’autres études avancent plutôt au moins 20 millions &#8211;, quatre États du Sud en comptaient à eux seuls, en 2010, au moins 3,5 millions, soit le tiers.  Ils sont surtout établis au Texas (2,6M), en Floride (0,8M), en Géorgie (0,5M) et en Caroline du Nord (0,4M).  </p>
<p>Fait pour le moins très significatif dans le cas particulier du Sud des États-Unis, le Bureau du recensement a, d’ores et déjà, établi qu’à partir de 2003 la population hispanophone avait dépassé celle des Afro-américains à titre de principal groupe minoritaire aux États-Unis.  Ce sont deux communautés qui appuient majoritairement le Parti Démocrate.  Dans le Sud (et aussi dans l’Ouest), là où ces deux communautés sont concentrées, là où elles connaissent globalement un destin socio-économique de plus en plus semblable, il y a lieu de se demander si une troisième solitude, celle impliquant cette fois les Hispanophones, n’a pas déjà pris forme de façon durable.  </p>
<p>Des recherches publiées en 2011 par le Pew Research Center montrent qu’il y a maintenant davantage d’enfants pauvres parmi les Hispanophones que parmi toute autre communauté raciale ou ethnique.  Ils sont au nombre de 6,1 millions, en majorité des Hispanophones immigrants, et comptent pour 37,3% de tous les enfants pauvres aux États-Unis; quant au reste, 30,5% sont des Blancs et 26,6% sont des Afro-américains.  C’est là le résultat de conditions économiques déplorables, le lot d’une large partie de cette population hispanophone où on rapporte également un grand nombre de mortalités à la naissance.  </p>
<p>À cet égard, l’immense débat sur l’immigration bien d’actualité dans le Sud n’a pas fini de faire valoir cette dure réalité.  À titre d’illustration, l’Alabama, un État d’à peine 4,8 millions d’habitants, a adopté, en 2011, une loi intransigeante sur le modèle de celle de l’Arizona attribuant à la police des pouvoirs d’interpellation arbitraires à l’endroit d’individus soupçonnés d’être des immigrants illégaux.  Le profond ressentiment populaire à l’égard des Hispanophones et la politique du « retour chez eux » des sans-papier préconisée par plusieurs républicains semblent l’emporter dans le Sud.  En dépit des résultats d’une étude de l’Université de l’Alabama qui estime à 10,8 milliards de dollars les pertes annuelles découlant de la mise en œuvre de cette loi, le départ de plus de 40,000 immigrants illégaux, à la suite de l’adoption de cette loi, a été salué.  Que dire de l’ampleur des conséquences humaines, sociales et économiques dans des États comme le Texas, si de telles lois y étaient adoptées?  Que dire du traitement de ces Hispanophones dont la richesse est encore largement faite d’une marginalité qui s’apparente à celle de la communauté afro-américaine, alors qu’ils contribuent pourtant énormément à la prospérité de plusieurs individus et celle des États? </p>
<p>L’ampleur de la problématique de l’immigration dans le Sud a fait dire les pires sottises à plus d’un.  Comment peut-on de façon réaliste s’engager à déporter 20 millions de sans-papier, comme l’a affirmé Mitt Romney lors des débats des primaires pour séduire les extrémistes de son parti?  Même Ronald Reagan n’aurait jamais imaginé une telle chose, lui qui a procédé, en 1986, à l’amnistie de millions d’immigrants hispanophones « illégaux » arrivés aux États-Unis avant 1982.  Même les gouverneurs successifs du Texas, des républicains de Bush à Perry, n’osent pas avancer de telles propositions sachant très bien combien le Texas souffrirait économiquement du départ précipité de tant d’individus. </p>
<p><strong>Les axes Asie et Europe </strong></p>
<p>L’immigration en provenance d’Asie de jeunes travailleurs bien éduqués attirés par le Sud (au même titre que l’Ouest) contribue aussi à diversifier la démographie du Sud, à transformer les modes de vie, à ressasser les valeurs sociales, à enrichir économiquement les États et à accroître le nombre de ceux qui votent en majorité pour le Parti Démocrate.  D’emblée, il importe de souligner que le nombre d’immigrants aux États-Unis en provenance d’Asie a désormais dépassé, en 2010, celui d’origine hispanophone.  Quand on sait, d’après les analyses du Pew Research Center, que 61% des immigrants asiatiques détiennent un diplôme universitaire, qu’ils ont des revenus supérieurs à ceux d’autres immigrants, que plus de 50% d’entre eux votent démocrate et qu’environ 21% s’installent dans le Sud, on comprend mieux la nature de l’apport de ces nouveaux résidants.  La Virginie, au premier chef, attire les immigrants asiatiques. Toutefois, entre 2000 et 2007, c’est au Texas et en Floride que la population d’origine asiatique a le plus augmenté.  D’autres États, comme la Géorgie, la Caroline du Nord, le Tennessee et l’Arkansas, ont également profité de l’immigration en provenance d’Asie, à cause de l’existence d’un marché du travail spécialisé en expansion qui séduit plusieurs candidats. </p>
<p>Si la grande majorité des immigrants asiatiques provient principalement de la Chine, des Philippines et de l’Inde, un grand nombre arrive également du Vietnam, de la Corée du Sud et du Japon.  Sans aucun doute ont porté leurs fruits, les missions de prospection menées conjointement par les gouverneurs et chefs d’entreprise de plusieurs États du Sud-Est, dans le cadre d’une Alliance économique (SEUS-Japan Alliance) lancée de façon téméraire dans les années 1970.  À part le Japon, les dirigeants du Sud-Est ont aussi ciblé la Chine et la Corée du Sud.  </p>
<p>Ainsi en est-il également de démarches répétées de plusieurs États du Sud à l’égard de l’Europe où quelques États ont décidé de déployer leurs activités internationales et d’ouvrir des bureaux de représentation.  Il suffit de relever le cas de l’expansion spectaculaire de l’industrie automobile asiatique et allemande dans le Sud, depuis les années 1980, pour juger de l’attrait que le Sud suscite et du formidable effet d’entraînement que cette industrie a créé pour favoriser le décollage économique de la région.</p>
<p><strong>L’urbanisation et « bye bye mon cowboy »</strong></p>
<p>Le phénomène de l’urbanisation a énormément contribué à transformer le Sud.  Aujourd’hui, environ 75% de la population vit dans des zones urbaines.  La situation est particulièrement phénoménale au Texas, où c’est le cas de 22,7 millions sur 25,9 millions d’habitants.  Adieu l’idée reçue selon laquelle le Texas est peuplé de cowboys solitaires et isolés dans leurs ranchs parsemés dans ces vastes plaines du Far West, comme au beau temps des vieux films des années 1940 et 50 !  </p>
<p>On le sait, l’urbanisation est propice au foisonnement des idées et de valeurs plus libérales.  Considérée comme le microcosme typique de l’évolution de la population américaine, à cause de la diversité de son tissu social et de son métissage politique, la Floride est susceptible de jouer le rôle d’État-bascule lors des élections présidentielles.  On observe des tendances semblables en Virginie et en Caroline du Nord.  Du reste, la répartition des votes dans d’autres États, comme le Texas et la Géorgie, commande, là aussi, d’éviter des constats simplistes faisant d’eux des entités politiques monolithiques durables.  </p>
<p>Dans leur ensemble, ces nouvelles tendances démographiques participent au maintien d’une certaine diversité partisane et freinent la formation d’un bloc républicain solide dans le Sud.  En effet, à l’instar de la communauté afro-américaine, la communauté hispanophone et d’autres groupes s’identifiant à des problématiques sociales particulières, votent majoritairement en faveur du Parti Démocrate.  Voilà pourquoi d’aucuns, parmi les républicains prônant des positions partisanes modérées, tel Jeb Bush ancien gouverneur de la Floride, se demandent si le Parti Républicain ne devrait pas s’affairer à mettre en œuvre une nouvelle stratégie sudiste.  Celle-là pour conquérir, cette fois, en particulier la population hispanophone et celle d’origine asiatique.  Selon lui, il est impératif d’élargir la base partisane du parti pour garantir sa victoire à l’échelle nationale tout en continuant de faire confiance au « melting pot », ce modèle qui a assuré depuis toujours l’assimilation des immigrants aux États-Unis. </p>
<p><strong>Plus de citoyens, plus de votes électoraux, plus de pouvoir d’influence</strong></p>
<p>Si sont confirmées les prévisions du Bureau du recensement établies en 2005 relativement à la croissance de la population par grandes régions des États-Unis entre 2000 et 2030, c’est dans le Sud que la distribution de cette croissance sera nettement favorable par rapport aux autres régions du pays.  De façon générale, on estime que la population totale des États-Unis augmentera de 29,0% pendant cette période.  L’accroissement de la population sera particulièrement concentré dans le Sud.  Ainsi, il sera de l’ordre 52,4% dans le Sud, de 35,2% dans l’Ouest, de 7,4% dans le Midwest et de 5,0% dans le Nord-Est.  C’est donc dire que d’ici les années 2030 le Sud continuerait d’attirer le plus grand nombre de nouveaux résidants.  </p>
<p>Parmi les États du Sud qui seraient les principaux bénéficiaires de cette croissance de la population, il convient de citer de façon singulière la Floride, là où le taux de croissance de la population devrait être de l’ordre de 79,5%.  En outre, il faut aussi escompter que dans plusieurs autres États du Sud, la population augmentera de façon sensible;  il en sera ainsi au rythme de 59,8% au Texas, de 51,9% en Caroline du Nord, de 46,8% en Géorgie et de 38,8% en Virginie.  Par conséquent, en 2030, le Texas, la Floride, la Caroline du Nord et la Géorgie devraient figurer parmi les 10 États les plus populeux des États-Unis, tandis que la Virginie se retrouverait au 12ième rang.  </p>
<p>Ces changements plutôt spectaculaires quant à l’amplification prévisible du poids de la population du Sud vont se traduire parallèlement par une multiplication significative des sièges détenus par le Sud au sein d’institutions comme le Congrès.  Ces changements démographiques favorables au Sud comporteront également des incidences quant à l’évolution et à la composition du Collège électoral.  Là encore, le Sud est gagnant.  D’ores et déjà, les résultats des derniers recensements ont forcé l’addition de votes électoraux en faveur du Sud (et de l’Ouest) aux dépens du Nord et du Midwest.  Le Texas en gagne quatre, la Floride deux, la Géorgie et la Caroline du Sud, un chacun, tandis que la Louisiane en perd un, à cause des départs forcés à la suite de l’ouragan Katrina.  </p>
<p>Voilà pourquoi, quel que soit le sens de la destinée historique que le Sud voudra bien se doter, force est de s’attendre à ce que cette région forme un bloc démographique et politique influent qui ne pourra laisser personne indifférent.</p>
<p>***</p>
<p><strong>Quelques données démographiques pertinentes</strong></p>
<p>La population totale des 12 États du Sud : 101,5 millions d’habitants, en 2010, soit pratiquement le tiers de celle des États-Unis évaluée, en 2010, à 308,7 millions (316 millions, en 2012).</p>
<p>Le Texas : population, en 2010, de 25,9 millions d’habitants; au 2ième rang national après la Californie (37,2M).</p>
<p>La Floride : population, en 2010, de 18,8 millions d’habitants, au 4ième rang national après l’État de New York (19,3M), État dont la population sera dépassée par celle de la Floride dès 2015, selon les données du dernier recensement.</p>
<p>Cinq grandes régions métropolitaines avec population en 2011 de plus de 5 millions : Dallas-Fort Worth-Arlington (6,5M); Houston-Sugarland-Baytown (6,0M); Miami-Fort Lauderdale-Pompano Beach (5,6M); et Atlanta-Sandy Springs-Marietta (5,3M); il faut aussi compter Washington-Arlington-Alexandria (5,7M) dont l’essentiel de la population se trouve en Virginie du Nord. </p>
<p>D’autres pôles d’activité structurants : Charlotte, Austin, San Antonio, Nashville, Orlando, la Nouvelle-Orléans, le triangle de Raleigh-Durham, le Nord de la Virginie, Tampa, le Nord de l’Arkansas, Jacksonville, Memphis, etc.</p>
<p><em>Les opinions exprimées dans ce blogue sont strictement personnelles et ne reflètent pas nécessairement celles de Global Brief ou de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon.</p>
<p>The opinions expressed in this blog are personal and do not necessarily reflect the views of Global Brief or the Glendon School of Public and International Affairs.</em></p>
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		<title>Le Sud des États-Unis: région méconnue</title>
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		<pubDate>Mon, 15 Oct 2012 15:09:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Frédérick Gagnon</dc:creator>
		
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		<category><![CDATA[Sud]]></category>

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		<description><![CDATA[Le 4 octobre dernier, ma collègue Ginette Chenard, chercheure senior à l&#8217;Observatoire sur les États-Unis de l&#8217;UQAM et ancienne Déléguée du Québec à Atlanta, a animé une table ronde organisée par notre Observatoire et qui s&#8217;intitulait &#8220;Le Sud: quel poids?&#8221;.  Le but de cette table ronde, qui réunissait trois experts américains de cette région [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le 4 octobre dernier, ma collègue Ginette Chenard, <a href="http://www.dandurand.uqam.ca/chercheurs/64-chercheurs/1004-ginette-chenard.html">chercheure senior à l&#8217;Observatoire sur les États-Unis de l&#8217;UQAM et ancienne Déléguée du Québec à Atlanta</a>, a animé une <a href="http://www.dandurand.uqam.ca/evenements/evenements-a-venir/1079-le-sud-des-etats-unis-quel-poids-.html">table ronde organisée par notre Observatoire et qui s&#8217;intitulait &#8220;Le Sud: quel poids?&#8221;</a>.  Le but de cette table ronde, qui réunissait trois experts américains de cette région (Seth McKee de la <em>University of Florida</em>, Richard Vengroff de <em>Kennesaw State University</em> et Chris Young de <em>Georgia Tech</em>), était de mieux faire connaître le Sud des États-Unis et son impact sur l&#8217;élection de 2012.</p>
<p>En prévision de cette table ronde, Ginette Chenard a rédigé un texte fort détaillé et qui aide à mieux cerner les caractéristiques économiques, sociales, politiques et identitaires du Sud des États-Unis.  Avec sa permission, je diffuse aujourd&#8217;hui sur ce blogue une partie de ce texte.  Les autres parties seront disponibles sur le site de la Chaire Raoul-Dandurand au cours des prochains jours, au <a href="http://www.usa2012.uqam.ca">www.usa2012.uqam.ca</a></p>
<p>Pour l&#8217;instant, deux premières parties ont été diffusées:</p>
<p>Une sur www.usa2012.uqam.ca: <a href="http://www.usa2012.uqam.ca/component/content/article/2-analyses/271-solidarite-politique-et-question-raciale-.html">cliquez ici</a></p>
<p>Une sur le blogue de ma collègue Élisabeth Vallet, également chercheure à l&#8217;Observatoire sur les États-Unis: <a href="http://usa.hypotheses.org/941">cliquez ici</a></p>
<p>***</p>
<p><strong>LE SUD, C&#8217;EST LE SUD</strong></p>
<p><strong>Par GINETTE CHENARD</strong></p>
<p><strong>Résumé</strong>: Ginette Chenard dresse un portrait du Sud des États-Unis.  Elle y a séjourné de 2006 à 2011 à titre de Déléguée du Québec en charge de ce territoire pour le compte du Ministère des Relations internationales du Québec.  Détentrice d’un doctorat en science politique/relations internationales de l’Université de Montréal, elle est maintenant chercheure senior à l’Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand en Études stratégiques et diplomatiques de l’Université du Québec à Montréal. Ce texte fait partie d’une série de réflexions d’une québécoise à propos de cette autre société distincte.</p>
<p><strong>Des clichés usés à la corde…</strong></p>
<p>Il faut bien l’avouer : les clichés à l’égard du Sud des États-Unis ont la vie dure au Québec, au Canada aussi, et même aux États-Unis.  Pour plusieurs, c’est comme si le temps s’était arrêté là-bas.  Avec le temps, le changement aussi.  On se plait à conserver du Sud des images d’une époque révolue relatant des épopées codifiées par le cinéma américain.  Ainsi en est-il de ces films fétiches, tel « Autant en emporte le vent », au temps de la Guerre civile et des grandes plantations de coton, ou bien encore « Le massacre de Fort Apache », emblème typique des héros de l’époque du Far West de la trempe de John Wayne, le cowboy des cowboys.  </p>
<p><strong>…aux blues du Sud</strong></p>
<p>La réalité est tout autre.  De nos jours, les nouvelles méga cités high tech du Texas comme les villes de taille moyenne de l’Alabama, déploient une soif ambiante de modernisme et un affairisme redoutable qui inspirent grandement les élites.  Des réalignements politiques notables et des mutations socio-économiques considérables se sont opérés dans le Sud depuis les années 1960.  Malgré tout, à travers le temps et les époques, de vieilles traditions continuent de faire honneur à sa réputation : il s’agit de la grande hospitalité des gens du Sud et de la gentillesse proverbiale des habitants.  Il en est ainsi également de la richesse de son patrimoine musical et culturel qui fait de cette région des États-Unis le véritable berceau de la musique américaine; qu’il suffise de signaler le jazz et les différents blues du Delta, des sources d’inspiration de tant d’artistes contemporains parmi les meilleurs au monde.  Parlant de culture, peut-on manquer d’évoquer la présence dans le Sud de la plus grande communauté francophone des États-Unis, celle des Cadiens de la Louisiane accrochés vaillamment à la protection de leur identité, contre vents et marées, dans tous les sens du terme, dans ce coin de pays.</p>
<p>Le Sud des États-Unis est d’intérêt à cause de son poids relatif en tant que société distincte au sein de la nation américaine et de l’influence qu’il exerce à de nombreux égards.  Force est de convenir que la campagne en vue de la tenue des élections présidentielles de novembre 2012 bat depuis des mois à une cadence largement imposée par la dynamique socio-politique du Sud.  Fait significatif, quatre des huit principaux candidats à l’investiture du Parti Républicain, de Rick Perry, Ron Paul, Herman Cain à Newt Gingrich, provenaient du Sud.  Que les dirigeants des Parti Républicain et Parti Démocrate aient choisi de tenir cette année leur convention partisane dans deux villes du Sud, Tampa et Charlotte, ne relève pas non plus du hasard.  </p>
<p><strong>Une région dans tous ses États</strong></p>
<p>Grosso modo, le Sud recoupe douze États.  D’abord, le Texas, l’Oklahoma et l’Arkansas, des États mus par l’idée de la frontière, celle vers l’Ouest, tout en étant bien accrochés à leur appartenance véritablement sudiste.  Ensuite, les États du « Deep South » : la Louisiane, le Mississippi, l’Alabama, le Tennessee, la Géorgie et la Caroline du Sud, soit l’essentiel du Sud traditionnel qui a impitoyablement serré les coudes, envers et contre tous, durant les années de la Confédération et les décennies qui ont suivi.  Enfin, la Caroline du Nord, la Floride et la Virginie, trois États aujourd’hui politiquement et socialement plus diversifiés, tout en demeurant bien associés au Sud.  </p>
<p>En soustrayant l’Oklahoma, on retrouve, à peu de choses près, le territoire des États confédérés, ceux à qui on impute la responsabilité du déclenchement de la Guerre de Sécession qui a duré de 1861 à 1865.  Cette région est encore aujourd’hui appelée « Dixie », bien que le Dixie d’aujourd’hui diffère sensiblement du Dixie de l’époque qui lui a donné naissance, celle de la Guerre civile et de la Reconstruction.  Ce vaste territoire compte plus de 101,5 millions d’habitants, soit presque le tiers de la population des États-Unis.  C’est la région la plus populeuse du pays, après celle de l’Ouest.</p>
<p>Quelques experts, à la manière de Colin Woodward, subdivisent cette région en nations, selon l’origine des peuples colonisateurs et les cultures typiques qu’ils ont laissées en héritage.  On retrouverait alors un découpage plus large entourant la nation du « Deep South » qui serait composé du « El Norte » à l’ouest;  des « Midlands » et du « Greater Appalachia » au nord;  du « Tidewater » et du « New Netherland » à l’est;  et du territoire « New France » au sud, en Louisiane.  En revanche, un bon nombre de spécialistes du Sud, à l’instar de Merle Black, simplifient les choses et choisissent plutôt d’établir un découpage fondé sur l’appartenance raciale entre, d’une part, le « Deep South », tel que déjà décrit plus tôt, à l’exception du Tennessee, et, d’autre part, une ceinture nommée le « Peripheral South », regroupant tous les autres États du territoire.  En effet, la population afro-américaine se compte généralement au double dans le « Deep South » par rapport aux États de la périphérie.</p>
<p>Il convient d’admettre que certaines parties du territoire dans le Sud, plus que d’autres, se distinguent des autres, voire au sein même des États-Unis.  Il en est ainsi du Texas, un pays dans le pays, s’il en est un, qui n’a jamais oublié qu’il fut jadis une république indépendante;  un fait d’armes que son drapeau, le fameux « Lone Star », ne manque pas d’évoquer.  Il en est ainsi également de la Louisiane.  Là-bas, le mot d’ordre « Laissez les bons temps rouler » est devenu la devise des habitants de ce pays d’Amérique.  On s’y plaît, c’est assuré!  Allez donc savoir si ces deux États qui, avant d’être soit annexé, soit acheté par les Américains, ne tirent pas leur caractère particulier, peut-on dire quelque peu libertaire, du fait qu’ils ont été des possessions de la France, et ce grâce à des explorateurs du calibre de Robert Cavalier de La Salle descendu tout droit de la Nouvelle-France.  Autant de faits historiques bel et bien remémorés tant dans le majestueux Capitole du Texas, à Austin, qu’un peu partout en terre louisianaise, surtout à la Nouvelle-Orléans et à Lafayette. </p>
<p><strong>Gens du Sud et société distincte</strong></p>
<p>Au-delà de la richesse de leurs particularismes historiques locaux, les États du Sud, dans leur ensemble, forment une entité régionale singulière qui fait corps depuis longtemps.  S’identifiant sans ambages comme sudistes (southerners), les habitants considèrent leur appartenance au Sud comme leur principale référence identitaire, bien avant celle à l’égard du pays.  Et, la mémoire du passé est là d’une vivacité peu commune.  Elle définit plusieurs contours de l’identité, tandis que le passé octroie à la fierté proverbiale des gens, l’essentiel de sa légitimité.  Parfois, on croirait que l’infâme Général Sherman, celui qui a rasé une bonne partie du Sud à la tête de l’Armée de l’Union, vient tout juste de terminer sa destructrice « marche vers la mer », tant cette époque de l’histoire du Sud a marqué profondément la population et causé des blessures qui suscitent encore de vives émotions, certaines apaisées par un “Damn Yankees!” bien senti. </p>
<p>Voilà qui a fait dire à William Faulkner, éminent écrivain du Mississippi, au sujet du Sud : « The past is never dead.  It’s not even past. »  Le Sud est manifestement une société qui a choisi de cultiver sa distinction en perpétuant, aujourd’hui encore, plusieurs éléments de sa tradition qui ont structuré son passé.  Cela explique sans doute pourquoi, d’aucuns aux États-Unis et ailleurs dans le monde persistent toujours à associer le Sud aux modalités singulières de son histoire coloniale et à ses anciennes institutions archaïques fondées sur l’esclavage, mode de vie considéré alors par les fervents défenseurs de la suprématie blanche comme la forme la plus achevée de la démocratie.  À cette toile de fond, faut-il aussi ajouter ses volontés sécessionnistes, de même que ses longues traditions religieuses, en particulier celles associées au protestantisme évangélique.  </p>
<p>À tort ou à raison, encore aujourd’hui, on ne peut manquer d’observer aux États-Unis cette grande coupure entre le Sud et le Nord, entre ceux qui se disent Sudistes et d’autres qui s’identifient comme Yankees, entre ce que plusieurs appellent encore le pauvre « Deep South » conservateur et le riche « Yankeedom » libéral.</p>
<p><strong>Ëtre distinct ça dérange, mais c’est d’intérêt<br />
</strong><br />
À l’instar d’autres sociétés distinctes, le Sud a dérangé dans le passé et dérange encore aujourd’hui.  Qu’on se le dise, dans de telles sociétés, la diversité des cultures, des valeurs et des traditions, tantôt propice à la critique, tantôt à l’admiration, demeure toujours d’intérêt.  Du reste, il serait difficile de saisir en quoi consiste ce nouveau Sud, distinct des autres régions, né des bouleversements des années 1960 et épris autant de conservatisme que de modernisme, sans découdre, un tant soit peu, l’étoffe du Vieux Sud, celui-là traversé presque de fond en comble par l’archaïsme et la question raciale.  On retrace là plusieurs éléments de cette toile de fond qui a tissé, et tisse toujours, ses solitudes et ses travers, tout autant que les attributs à la source de son attractivité contemporaine.  </p>
<p>À travers cette lunette, on comprendra mieux comment le Sud, hier bastion solide du Parti Démocrate, aujourd’hui robuste pilier du Parti Républicain, a presque toujours réussi à influer sur les valeurs politiques, socio-économiques et culturelles du pays, le plus souvent en sa faveur.  Sur le plan politique, le Sud exerce aujourd’hui une influence considérable que plusieurs n’hésitent pas à qualifier de démesurée.  Il en est ainsi du fait de l’emprise singulière des valeurs conservatrices sociales et économiques portées par les courants de l’évangélisme religieux et par le militantisme politique de factions importantes du Parti Républicain, plusieurs aujourd’hui associées au mouvement du Tea Party.  </p>
<p>Sur le plan social, le Sud incarne depuis longtemps la grande société cassée des États-Unis.  En son sein, il y a là encore deux immenses solitudes, &#8212; celle entre les personnes de race noire et de race blanche &#8212; qui se nourrissent encore, chacune à leur manière, d’une tradition durable qui perpétue une pratique socio-politique axée sur la division raciale, peu importe si c’est de façon avouée ou dissimulée.  Avec les migrations récentes, se greffe aujourd’hui une autre solitude, celle d’une grande partie de la population hispanophone.  Des réalités communes aux communautés afro-américaines et hispanophones mettent bien en lumière plusieurs contradictions et paradoxes du Sud contemporain.  </p>
<p>Sur le plan économique, en dépit de la crise économique qui le traverse depuis 2008, à l’instar du reste des États-Unis, le Sud émerge des 50 dernières années avec assurance et une attitude frondeuse.  Il profite de tendances démographiques favorables, d’avantages comparatifs utiles à sa compétitivité et d’un nouvel entrepreneuriat dynamique porté par des gens d’affaires extrêmement motivés.  Autant de facteurs qui lui assurent une nouvelle prospérité, transforment son économie, conditionnent son modernisme et le portent vers de nouveaux cieux.  </p>
<p><strong>Demain est toujours un jour nouveau</strong></p>
<p>Dans cette région qui a vécu de près la révolution spatiale américaine, grâce aux installations de la NASA (National Aeronautics and Space Administration) éparpillées aux quatre coins du territoire, &#8212; de Houston à Cape Canaveral en passant par Huntsville et Hampton, à l’embouchure de la Baie de Chesapeake &#8211;, il convient d’admettre que pour les élites du Sud d’aujourd’hui « Le ciel n’est PLUS la limite ».  À cet égard, le parcours de Wernher von Braun est éclairant : il s’agit de ce pionnier de l’astronautique d’origine allemande, récupéré au tout début des années 1950 par les États-Unis, et qui a pratiquement donné naissance au programme spatial américain dans le Sud des États-Unis.  Pour plusieurs, von Braun est le modèle par excellence de la culture de la réussite typique du Sud.  À sa suite, d’autres scientifiques et immigrants de plusieurs horizons se sont ajoutés, parce qu’intéressés à ce coin de pays qui semble encore tout à fait disposé à ouvrir de nouvelles frontières et à accumuler des victoires.  </p>
<p>En somme, le Sud, c’est le Sud!  C’est de ce Sud qui se heurte à ses solitudes et à ses paradoxes, dont les choix politiques et sociaux s’imposent de plus en plus à la nation, tout en étant vraiment à son affaire afin de devenir un pôle de développement économique d’importance, dont il sera question dans les six textes qui vont suivre.  Le Sud d’aujourd’hui est-il déterminé à changer cet état de choses?  Pour l’instant, il ne semble pas du tout convaincu de cette nécessité.  À l’instar d’autres sociétés distinctes, le Sud cherche surtout à prendre sa revanche sur le passé.  Il s’y met et réussit plutôt bien, à sa façon.  On comprendra mieux pourquoi dans le Sud, demain est toujours un jour nouveau, pour parodier Margaret Mitchell.</p>
<p>***</p>
<p><strong>Quelques éléments caractéristiques du Sud</strong></p>
<p><strong>L’histoire</strong> : le Sud est reconnu par plusieurs comme le berceau historique des États-Unis parce qu’abritant deux des trois plus anciens établissements de la nation : Jamestown, en Virginie, emplacement fondé en 1607 à l’embouchure de la Baie de Chesapeake, et Saint-Augustine, en Floride, ville fondée en 1565 par les Espagnols et reconnue comme la plus ancienne des États-Unis.  La ville de Plymouth au Massachusetts, fondée en 1620 par les colons puritains anglais du Mayflower, est cependant reconnue par d’autres comme le principal et le plus vieil emplacement permanent encore existant des États-Unis.</p>
<p><strong>La Louisiane</strong> : le français et une culture cadienne qui survivent grâce à des défenseurs contemporains, tels James Demongeaux, Amanda Lafleur, Barry Ancelet, Zachary Richard, etc.; grâce à des artistes et musiciens de la trempe des Doucet, Riley, Savoy, Beausoleil, Thibaudeaux, Neville, Michot, Feu Follet, etc.; grâce à des villes et des paroisses de l’Acadiana, telles Lafayette, Iberia, St-Martinville, Terrebonne, Vermilion, etc.; et grâce à des organismes, tel le CODOFIL.</p>
<p><strong>La musique</strong> :  le Sud est le véritable berceau de la musique américaine, du blues, au jazz, au rock &amp; roll, en passant par le country, le soul, le bluegrass, le cajun, le hip hop, le zydeco, le gospel, etc.; et de grands noms, tels Louis Armstrong, Aretha Franklin, Sydney Bechet, Wynton Marsalis, Ella Fitzgerald, Leontyne Price, Elvis Presley, Johnny Cash, B.B. King, Ray Charles, Dizzy Gillespie, Janis Joplin, Jessie Norman, Thelonious Monk, Mahalia Jackson, Dr. John, et bien d’autres encore.</p>
<p><strong>La littérature</strong> : plusieurs grands écrivains sont originaires du Sud, tandis que d’autres s’en sont largement inspiré : Mark Twain, William Faulkner, Ernest Hemingway. Tennessee Williams, Truman Capote, Thomas Wolfe, Margaret Mitchell, William Gilmore Simms, Edgar Allan Poe, Robert Penn Warren, William Styron, Harper Lee, John Grisham, Joyce Carol Oates, etc.</p>
<p><strong>De belles villes historiques aux origines britanniques, françaises ou espagnoles</strong> : Charleston et Savannah, fondées respectivement en 1670 et 1733 par des colons ou généraux britanniques; la Nouvelle-Orléans et Mobile, fondées au début du 18’siècle par les explorateurs venus de la Nouvelle-France, Pierre et Jean-Baptiste LeMoyne d’Iberville et Robert Cavalier de La Salle;  aussi d’autres villes charmantes, telles Nashville, San Antonio, Austin, Miami, Lafayette, Little Rock, Milledgeville, Memphis, Williamsburg, Asheville, etc.</p>
<p><strong>La gastronomie</strong> : le Southern Comfort, le gombo, le thé glacé, le grit au fromage, les crustacés du Golfe, etc. </p>
<p><strong>Des présidents encore vivants</strong>:  Jimmy Carter, George H.W. Bush, George W. Bush, Bill Clinton. </p>
<p><em>Les opinions exprimées dans ce blogue sont strictement personnelles et ne reflètent pas nécessairement celles de Global Brief ou de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon.</p>
<p>The opinions expressed in this blog are personal and do not necessarily reflect the views of Global Brief or the Glendon School of Public and International Affairs.</em></p>
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......
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		<title>À quoi s’attendre du duel Biden / Ryan jeudi ?</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Oct 2012 17:18:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Frédérick Gagnon</dc:creator>
		
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		<category><![CDATA[Barack Obama]]></category>

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		<description><![CDATA[Je suis de ceux qui croient que le débat présidentiel Obama / Romney de la semaine dernière était plutôt un match nul qu’une retentissante victoire de Romney.  Bien sûr, Romney semblait mieux préparé et plus dynamique.  Mais fallait-il vraiment s’en surprendre ?  Obama n’avait participé à aucun débat télévisé depuis 2008 alors [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je suis de ceux qui croient que le débat présidentiel Obama / Romney de la semaine dernière était plutôt un match nul qu’une retentissante victoire de Romney.  Bien sûr, Romney semblait mieux préparé et plus dynamique.  Mais fallait-il vraiment s’en surprendre ?  Obama n’avait participé à aucun débat télévisé depuis 2008 alors que Romney n’a fait que cela durant la course à l’investiture républicaine.  Qui plus est, Romney avait le désir de vaincre, car il savait que ce débat constituait peut-être sa dernière chance de relancer sa campagne.  Il faut également dire qu’à la différence d’Obama, Romney n’a pas à gouverner en plus de devoir faire campagne.  Il peut ainsi consacrer la totalité de ces journées à ses activités électorales, ce qui n’est pas le cas du président en exercice.</p>
<p>Qu’à cela ne tienne, plusieurs électeurs ont aimé ce qu’ils ont vu de Romney la semaine dernière.  Résultat : la plupart des sondages illustre que l’écart s’est resserré entre les prétendants au poste présidentiel.  Parions qu’Obama fera mieux lors du prochain débat, prévu le 16 octobre prochain.</p>
<p>D’ici là, le prochain grand événement de la présidentielle se tiendra ce jeudi, 11 octobre.  Je parle bien sûr du débat vice-présidentiel qui opposera le vice-président Joe Biden à Paul Ryan, colistier de Romney.</p>
<p>Bien que ce débat attirera moins l’attention que les débats présidentiels (ou que le très attendu débat entre Joe Biden et Sarah Palin en 2008), il revêt une certaine importance puisque Romney et Obama sont maintenant au coude à coude.</p>
<p>À ce titre, Bien souhaitera profiter du débat pour tenter de freiner le retour en force de Romney.  De son côté, Ryan voudra donner encore plus confiance à ceux et celles qui sont tentés de pencher du côté du républicain depuis la performance de Romney la semaine dernière.</p>
<p>Lors du débat, je porterai une attention particulière aux trois éléments suivants, susceptibles d’influencer le duel Obama / Romney :</p>
<p><strong>1- Qui est Paul Ryan ???  </strong></p>
<p>Une belle opportunité s’offre à Ryan ce jeudi.  Il n’est pas très connu des électeurs et, pour cette raison, ne suscite pas énormément d’engouement jusqu’à présent.  Or, il est un excellent orateur, est très dynamique et maîtrise bien les dossiers (hormis peut-être ceux de politique étrangère, questions sur lesquelles il n’a pas l’expérience de Biden).  Plusieurs électeurs découvriront Ryan pour la première fois jeudi, alors que Biden est déjà bien connu.  À cet égard, une excellente performance de Ryan pourrait avoir un effet de surprise et convaincre certains électeurs que les républicains offrent un certain vent de fraîcheur avec ce jeune politicien.  Évidemment, Ryan n’est pas le dernier venu à Washington : parlez-en à Obama, qui a eu maille à partir avec lui sur la question du budget ces derniers mois.  Mais jeudi soir, plusieurs « découvriront » Ryan pour la première fois.  Comme on dit, rien ne vaut une « première impression » et Ryan a tout à gagner s’il offre une solide performance.</p>
<p><strong>2- Gaffes et phrases mémorables ?</strong></p>
<p>Je suis assez d’accord avec <a href="http://www.reuters.com/article/2012/10/09/us-usa-campaign-debate-idUSBRE89804J20121009">Andy Sullivan de Reuters</a>, qui prédit plus d’étincelles ce jeudi qu’il y en a eu la semaine dernière.  En fait, ce serait difficile de faire pire que lors du premier duel Romney / Obama me direz-vous; peut-être un des débats télévisés les plus ennuyants de l’histoire…  Biden et Ryan sont tous deux des individus qui n’hésitent pas à hausser le ton quand ils le jugent nécessaire.  Ils n’ont pas la langue dans la poche (surtout Biden…) et ils s’expriment souvent avec la plus grande passion sur les enjeux.  Biden a déjà prononcé des phrases « mémorables » dans le passé, pour le meilleur et pour le pire.  De son côté, Ryan n’a pas beaucoup d’expérience des débats de grande envergure.  Les deux seront certainement très bien préparés et s’en tiendront probablement au plan de match.  Mais il sera peut-être plus facile pour les médias et les analystes d’identifier les phrases clés de ce débat que lors du premier duel Romney / Obama.  Reste maintenant à voir lesquelles de ces phrases pourraient marquer les esprits ou faire mal paraître l’un ou l’autre des candidats.</p>
<p><strong>3- Retour de la stratégie de la Convention démocrate ?</strong></p>
<p>En terminant, il sera intéressant de voir si les démocrates renoueront avec la stratégie qu’ils avaient mise de l’avant lors de la Convention démocrate cet été.  À ce moment, Joe Biden, Barack Obama et autres semblaient avoir pour mot d’ordre d’attaquer Romney et d’illustrer les nombreuses contradictions qui caractérisent ses positions politiques.  Or, la semaine dernière, Obama semblait avoir oublié de le faire, ratant plusieurs occasions de rappeler que Romney change régulièrement d’idées, se trompe souvent dans les données ou présente une vision plus ou mois juste de la réalité.  Certains se sont, par exemple, surpris de constater qu’Obama n’a pas profité de la « gaffe du 47% » pour remettre le jugement de Romney en question.  Biden pourrait toutefois renouer avec cette stratégie et ses conseillers le lui recommanderont probablement, car les sondages des dernières semaines illustrent que cela peut être utile pour convaincre les électeurs que le « gazon n’est pas nécessairement plus vert » chez le voisin républicain.</p>
<p><em>Les opinions exprimées dans ce blogue sont strictement personnelles et ne reflètent pas nécessairement celles de Global Brief ou de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon.</p>
<p>The opinions expressed in this blog are personal and do not necessarily reflect the views of Global Brief or the Glendon School of Public and International Affairs.</em></p>
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		<title>Un petit deux sur Obama</title>
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		<pubDate>Tue, 11 Sep 2012 15:26:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Frédérick Gagnon</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[Un peu plus de cinquante jours.  Voilà ce qu’il reste à la campagne électorale américaine.  On vient à peine de clore les conventions républicaine et démocrate et voilà que les experts se laissent déjà tenter par le jeu des prédictions.  Comme le rapporte par exemple Richard Hétu dans un article publié hier [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Un peu plus de cinquante jours.  Voilà ce qu’il reste à la campagne électorale américaine.  On vient à peine de clore les conventions républicaine et démocrate et voilà que les experts se laissent déjà tenter par le jeu des prédictions.  Comme le rapporte par exemple Richard Hétu dans <a href="http://www.lapresse.ca/international/dossiers/maison-blanche-2012/201209/10/01-4572509-lhistoire-joue-contre-barack-obama.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&amp;utm_contenuinterne=cyberpresse_vous_suggere_4572780_article_POS2">un article publié hier dans <em>La Presse</em></a>, deux politologues de l’Université du Colorado s’appuient sur des modèles d’analyse politique pour affirmer qu’Obama n’a pratiquement aucune chance de l’emporter le 6 novembre, et qu’il perdra presque tous les États clés de l’élection (Floride, Ohio, Pennsylvanie, etc.).</p>
<p>Depuis quelques jours, on me demande donc souvent quelles sont les chances d’Obama de l’emporter.  Et je donne presque toujours la même réponse : « tu sais, au début des primaires démocrates en 2008, j’avais invité des experts américains à une conférence sur les élections américaines.  Deux d’entre eux, s’appuyant sur des modèles d’analyse politique, avaient prédit qu’on aurait droit à un duel Clinton/Giuliani.  On connaît la suite… ».  Je reste donc sceptique quand deux politologues comme ceux cités par Richard Hétu se disent absolument convaincus de savoir de quoi est fait l&#8217;avenir&#8230;  Mais quand on insiste vraiment pour connaître mes prédictions – ou pour savoir « sur je qui je miserais un petit deux » – je finis par dire Obama.</p>
<p>Bien entendu, plusieurs événements pourraient bouleverser la course d’ici novembre (pensons à la possibilité qu’une escalade des tensions entre Israël et l’Iran plonge les États-Unis dans une autre crise au Moyen-Orient).  Cela dit, si le scrutin se tenait ce soir, Obama aurait les meilleures chances de gagner, et ce, pour au moins trois raisons :</p>
<p>-	<strong>Intentions de vote</strong>.  Comme l’illustrent les <a href="http://www.realclearpolitics.com/epolls/2012/president/us/general_election_romney_vs_obama-1171.html">données recueillies par l’équipe de <em>Real Clear Politics</em></a>, Romney parvient rarement à se hisser devant Obama dans les intentions de vote.  Depuis un an, il aurait ainsi mené la course à une seule reprise, pendant quelques jours en octobre 2011.  Qui plus est, Romney n’a pratiquement profité d’aucun rebond dans les sondages au lendemain de la convention républicaine, contrairement à Obama, qui mène désormais par trois points et qui pourrait creuser l’écart au cours des prochains jours, grâce à une convention démocrate qui, comme le <a href="http://www.gallup.com/poll/157322/democratic-convention-rated-slightly-better-gop.aspx">démontre un sondage <em>Gallup</em>, a davantage plu aux Américains que la convention républicaine</a>. </p>
<p>-	<strong>Sondages dans les États clés</strong>.  Comme l’illustrent encore une fois <a href="http://www.realclearpolitics.com/epolls/2012/president/2012_elections_electoral_college_map.html#battlegrounds">les données recueillies par <em>Real Clear Politics</em></a>, Obama est actuellement favori dans la plupart des États clés de la présidentielle.  Pour mémoire, les États clés sont, <a href="http://www.ledevoir.com/international/etats-unis/67019/les-swing-states-etats-cles-de-la-maison-blanche">comme le souligne mon collègue Julien Tourreille</a>, ces « États dans lesquels l’écart entre les candidats à la présidence est [généralement] inférieur à 6% ».  Obama mène ainsi en Ohio, en Virginie, en Floride, en Iowa, au Wisconsin, au Michigan, en Pennsylvanie, au New Hampshire, au Colorado et au Nevada.  De son côté, Romney est favori dans seulement trois États clés : la Caroline du Nord, le Missouri et l’Arizona.  Bien entendu, l’écart entre les candidats est parfois très mince dans des États aussi importants que la Floride.  Cela dit, la situation actuelle ne correspond pas du tout à l’analyse prédictive des professeurs cités par Richard Hétu, qui estiment qu’Obama perdra pratiquement tous les États clés.</p>
<p>-	<strong>Le facteur bière</strong>.  Avec quel candidat aimeriez-vous le plus boire une bière ou regarder un match de football ce soir ?  Cette question, qui peut paraître banale, est fort utile pour comprendre en partie le comportement des électeurs américains.  En 2004 par exemple, plusieurs affirmaient qu’ils préféreraient de loin la compagnie de George W. Bush à celle de John Kerry, et ce, même s’ils n’étaient pas toujours d’accord avec les politiques républicaines.  Bush avait un certain sens de l’humour disait-on, alors que Kerry avait l’air coincé, étrange (il parlait français !!!) et éloigné des préoccupations de « l’Américain moyen ».  Cette année, c’est au tour d’Obama de mener sur son rival en ce qui a trait au « beer factor ».  On a bien tenté, lors de la convention républicaine, de convaincre que Romney est une personne aimable, <a href="http://in.reuters.com/article/2012/09/11/us-usa-campaign-idINBRE8891DI20120911">mais seulement 48% des Américains ont une opinion favorable de lui (contre 57% pour Obama)</a>.</p>
<p>D’autres données illustrent bien sûr que la course est loin d’être terminée et qu’on aura vraisemblablement droit à une autre élection serrée le 6 novembre.  Par exemple, alors que l’économie est le facteur le plus important de cette élection, on rappelle souvent qu’aucun président depuis Franklin Delano Roosevelt n’a été réélu quand le taux de chômage dépasse 7,2%.  Ce taux atteint actuellement 8,1%&#8230;  Obama devra donc pouvoir compter sur de meilleurs chiffres sur l’emploi d’ici novembre s’il veut maximiser ses chances d’être réélu.  Mais s’il faut en croire les Américains, qui, eux, <a href="http://www.gallup.com/poll/156914/americans-predict-obama-win-2012-election.aspx">prédisent majoritairement une victoire démocrate cette année</a>, il reste tentant, pour l’instant, de parier sur une victoire d&#8217;Obama malgré tout.  Pas 10 000$, car nous ne possédons pas la fortune de Romney, qui n&#8217;avait pas hésité, il y a quelques mois, <a href="http://www.youtube.com/watch?v=JBu-NnAxu80">à défier Rick Perry de parier cette somme avec lui lors d&#8217;un débat républicain</a>.  Mais un « petit deux » bien timide?  Pourquoi pas.</p>
<p><em>Les opinions exprimées dans ce blogue sont strictement personnelles et ne reflètent pas nécessairement celles de Global Brief ou de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon.</p>
<p>The opinions expressed in this blog are personal and do not necessarily reflect the views of Global Brief or the Glendon School of Public and International Affairs.</em></p>
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		<title>États-Unis 2012 : des liens pour aller loin</title>
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		<pubDate>Mon, 04 Jun 2012 20:10:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Frédérick Gagnon</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

		<category><![CDATA[2012]]></category>

		<category><![CDATA[Barack Obama]]></category>

		<category><![CDATA[Élections]]></category>

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		<description><![CDATA[Si la politique américaine vous passionne, vous êtes sans doute déjà en train de repérer les meilleurs outils pour analyser le duel électoral entre Barack Obama et Mitt Romney qui se terminera le 6 novembre.  À l’ère d’Internet, il n’est pas difficile de mettre la main sur une tonne d’informations à propos des candidats, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Si la politique américaine vous passionne, vous êtes sans doute déjà en train de repérer les meilleurs outils pour analyser le duel électoral entre Barack Obama et Mitt Romney qui se terminera le 6 novembre.  À l’ère d’Internet, il n’est pas difficile de mettre la main sur une tonne d’informations à propos des candidats, enjeux, sondages électoraux et autres.  Il est cependant moins facile de choisir une liste d’incontournables; cette poignée de « favoris » à consulter tout au long de la campagne.</p>
<p>Je partage donc ici la mienne, au cas où cela pourrait vous être utile.  J’y ai inclus des sites en anglais la plupart du temps, mais également en français (autant que possible!).  N’hésitez pas à partager avec moi vos propres incontournables.  Je vous invite également à consulter le site de la Chaire Raoul-Dandurand d’ici le 6 novembre : <a href="www.dandurand.uqam.ca">www.dandurand.uqam.ca</a>  L’équipe de l’Observatoire sur les États-Unis y partagera ses analyses tout au long de la campagne ! </p>
<p>1. CANDIDATS EN LICE</p>
<p>1.1 Présentation générale des candidats</p>
<p>Par Radio-Canada :<br />
<a href="http://www.radio-canada.ca/sujet/elections-usa-2012">http://www.radio-canada.ca/sujet/elections-usa-2012</a></p>
<p>Par CNN :<br />
<a href="http://www.cnn.com/election/2012/candidates.html">http://www.cnn.com/election/2012/candidates.html  </a></p>
<p>Par CSPAN :<br />
<a href="http://campaign2012.c-span.org/candidates">http://campaign2012.c-span.org/candidates</a></p>
<p>Par le New York Times :<br />
<a href="http://elections.nytimes.com/2012/primaries/candidates">http://elections.nytimes.com/2012/primaries/candidates</a></p>
<p>Par le Washington Post :<br />
<a href="http://www.washingtonpost.com/candidates">http://www.washingtonpost.com/candidates</a></p>
<p>Par Fox News :<br />
<a href="http://www.foxnews.com/politics/elections/index.html">http://www.foxnews.com/politics/elections/index.html</a></p>
<p>1.2 Sites officiels des candidats</p>
<p>Barack Obama :<br />
<a href="http://www.barackobama.com/">http://www.barackobama.com/</a></p>
<p>Mitt Romney :<br />
<a href="http://www.mittromney.com/">http://www.mittromney.com/ </a></p>
<p>2. PRIMAIRES ET CAUCUS</p>
<p>2.1 Modes d’emploi</p>
<p>Sur le site du Point :<br />
<a href="http://www.lepoint.fr/monde/presidentielle-americaine-caucus-et-primaires-mode-d-emploi-03-01-2012-1414748_24.php">http://www.lepoint.fr/monde/presidentielle-americaine-caucus-et-primaires-mode-d-emploi-03-01-2012-1414748_24.php </a></p>
<p>Sur le site de l’Express :<br />
<a href="http://www.lexpress.fr/actualite/monde/amerique/etats-unis-tout-comprendre-aux-primaires-republicaines_1067098.html">http://www.lexpress.fr/actualite/monde/amerique/etats-unis-tout-comprendre-aux-primaires-republicaines_1067098.html </a></p>
<p>Sur le site de CBS :<br />
<a href="http://www.cbsnews.com/8301-504784_162-57357173-10391705/how-primaries-caucuses-super-delegates-and-more-work-in-united-states-primary-elections/">http://www.cbsnews.com/8301-504784_162-57357173-10391705/how-primaries-caucuses-super-delegates-and-more-work-in-united-states-primary-elections/</a></p>
<p>2.2 Résultats</p>
<p>Sur le site du New York Times :<br />
<a href="http://elections.nytimes.com/2012/primaries/delegates">http://elections.nytimes.com/2012/primaries/delegates</a></p>
<p>Sur le site du Washington Post :<br />
<a href="http://www.washingtonpost.com/wp-srv/special/politics/primary-tracker/">http://www.washingtonpost.com/wp-srv/special/politics/primary-tracker/</a></p>
<p>Sur le site 2012 Election Central :<br />
<a href="http://www.2012presidentialelectionnews.com/2012-republican-primary-schedule/">http://www.2012presidentialelectionnews.com/2012-republican-primary-schedule/ </a></p>
<p>3. ENJEUX</p>
<p>Sur le site de Reuters :<br />
<a href="http://www.reuters.com/politics/issues-2012">http://www.reuters.com/politics/issues-2012</a></p>
<p>Sur le site ProCon.org :<br />
<a href="http://2012election.procon.org/">http://2012election.procon.org/</a></p>
<p>Sur le site du Council on Foreign Relations :<br />
<a href="http://www.cfr.org/projects/world/campaign-2012/pr1576">http://www.cfr.org/projects/world/campaign-2012/pr1576</a></p>
<p>Sur le site 2012 Presidential Candidates :<br />
<a href="http://2012.presidential-candidates.org/">http://2012.presidential-candidates.org/ </a></p>
<p>4. SONDAGES</p>
<p>RealClearPolitics :<br />
<a href="http://www.realclearpolitics.com/epolls/2012/president/us/general_election_romney_vs_obama-1171.html">http://www.realclearpolitics.com/epolls/2012/president/us/general_election_romney_vs_obama-1171.html </a></p>
<p>Gallup :<br />
<a href="http://www.gallup.com/poll/election.aspx">http://www.gallup.com/poll/election.aspx</a></p>
<p>Polling Report :<br />
<a href="http://www.pollingreport.com/2012.htm">http://www.pollingreport.com/2012.htm </a></p>
<p>Rasmussen :<br />
<a href="http://www.rasmussenreports.com/public_content/politics/obama_administration/daily_presidential_tracking_poll">http://www.rasmussenreports.com/public_content/politics/obama_administration/daily_presidential_tracking_poll </a></p>
<p>5. FINANCEMENT</p>
<p>Le site Open Secrets :<br />
<a href="http://www.opensecrets.org/">http://www.opensecrets.org/ </a></p>
<p>La course au financement entre Obama et Romney, sur le site du New York Times :<br />
<a href="http://elections.nytimes.com/2012/campaign-finance">http://elections.nytimes.com/2012/campaign-finance </a></p>
<p>Le site de la Federal Election Commission :<br />
<a href="http://www.fec.gov/">http://www.fec.gov/ </a></p>
<p>6. RÉSULTATS DES ÉLECTIONS ANTÉRIEURES</p>
<p>L’atlas des élections présidentielles de David Leip :<br />
<a href="http://uselectionatlas.org/RESULTS/">http://uselectionatlas.org/RESULTS/</a></p>
<p>7. PRÉDICTIONS ÉLECTORALES</p>
<p>Le blogue de Nate Silver :<br />
<a href="http://fivethirtyeight.blogs.nytimes.com/">http://fivethirtyeight.blogs.nytimes.com/</a></p>
<p>Le site de Stuart Rothenberg :<br />
<a href="http://rothenbergpoliticalreport.com/ratings/president">http://rothenbergpoliticalreport.com/ratings/president</a></p>
<p>Le site de Larry Sabato :<br />
<a href="http://www.centerforpolitics.org/crystalball/articles/category/2012-president/">http://www.centerforpolitics.org/crystalball/articles/category/2012-president/</a></p>
<p>Le site de Charlie Cook :<br />
<a href="http://cookpolitical.com/presidential">http://cookpolitical.com/presidential </a></p>
<p>Le site Electoral Vote :<br />
<a href="http://electoral-vote.com/">http://electoral-vote.com/ </a></p>
<p>8. PUBLICITÉS DE CAMPAGNE</p>
<p>8.1 En général</p>
<p>De Barack Obama :<br />
<a href="http://www.youtube.com/user/BarackObamadotcom">http://www.youtube.com/user/BarackObamadotcom</a></p>
<p>De Mitt Romney :<br />
<a href="http://www.youtube.com/user/mittromney">http://www.youtube.com/user/mittromney </a></p>
<p>Dans l’histoire des présidentielles américaines :<br />
<a href="http://www.livingroomcandidate.org/">http://www.livingroomcandidate.org/ </a></p>
<p>8.2 Quelques exemples</p>
<p>8.2.1 Barack Obama</p>
<p>Prétend avoir relancé l’économie :<br />
<a href="http://www.youtube.com/watch?v=NJoE0ZJ7Rn8&amp;feature=relmfu">http://www.youtube.com/watch?v=NJoE0ZJ7Rn8&amp;feature=relmfu </a></p>
<p>Dit avoir sauvé l’industrie automobile :<br />
<a href="http://www.youtube.com/watch?v=hsmU2aM8ez8&amp;feature=relmfu">http://www.youtube.com/watch?v=hsmU2aM8ez8&amp;feature=relmfu</a></p>
<p>8.2.2 Mitt Romney</p>
<p>Affirme être un vrai conservateur :<br />
<a href="http://www.youtube.com/watch?v=G6vMqnP3TM4">http://www.youtube.com/watch?v=G6vMqnP3TM4</a></p>
<p>Juge qu’Obama a sacrifié les emplois des Américains :<br />
<a href="http://www.youtube.com/watch?v=krHFS0ztQZ4">http://www.youtube.com/watch?v=krHFS0ztQZ4</a></p>
<p>Utilise le thème du rêve américain pour susciter l’enthousiasme :<br />
<a href="http://www.youtube.com/watch?v=Oz3XgYLqCjg">http://www.youtube.com/watch?v=Oz3XgYLqCjg</a></p>
<p>Encourage à faire d’Obama le président d’un seul mandat :<br />
<a href="http://www.youtube.com/watch?v=q-0ecuS8tWs&amp;feature=relmfu">http://www.youtube.com/watch?v=q-0ecuS8tWs&amp;feature=relmfu </a></p>
<p><em>Les opinions exprimées dans ce blogue sont strictement personnelles et ne reflètent pas nécessairement celles de Global Brief ou de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon.</p>
<p>The opinions expressed in this blog are personal and do not necessarily reflect the views of Global Brief or the Glendon School of Public and International Affairs.</em></p>
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		<title>TEA Party : c’est reparTEA ?</title>
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		<pubDate>Wed, 09 May 2012 19:36:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Frédérick Gagnon</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

		<category><![CDATA[Barack Obama; Mitt Romney; Tea Party; États-Unis; Élections; 2012; Richard Lugar]]></category>

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		<description><![CDATA[Le 22 mars dernier, j’organisais avec l’Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand une conférence internationale intitulée « Élections américaines 2012: en route vers le duel de novembre ».  L’une des questions régulièrement abordées pendant la journée a été de savoir ce qu’il reste du TEA Party deux ans après les midterms de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le 22 mars dernier, j’organisais avec l’Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand une conférence internationale intitulée <a href="http://www.dandurand.uqam.ca/uploads/files/evenements/comptes-rendus_evenements/ComptesRendusOSEU_mars2012.pdf">« Élections américaines 2012: en route vers le duel de novembre »</a>.  L’une des questions régulièrement abordées pendant la journée a été de savoir ce qu’il reste du <em>TEA Party</em> deux ans après les midterms de 2010.  Comme on le sait, le <em>TEA Party</em> avait alors bien fait : une trentaine de républicains de la Chambre des représentants avaient été élus sous cette bannière.  Au Sénat, Marco Rubio (Floride) et Rand Paul (Kentucky) avaient également gagné leurs sièges en jurant appartenir à cette « famille ».  </p>
<p>À notre conférence du 22 mars, Kate Zernike, journaliste du <em>New York Times</em> et auteure d’un excellent livre sur les <em>TEA Party </em>(intitulé <em><a href="http://www.amazon.ca/Boiling-Mad-Inside-Party-America/dp/0805093486">Boiling Mad</a></em>), a suggéré que l’influence du mouvement a chuté depuis 2010, mais qu’il aurait tout de même un impact en 2012.  On le sait, les « tea partiers » ont perdu leur pari de faire dérailler le « train Romney » en vue de la présidentielle.  Cela dit, ils peuvent tout de même se réjouir de constater que même Romney a, jusqu’à présent, tenu des propos de « tea partier » sur des questions comme l’assurance santé, les impôts et l’immigration – bien que l’on puisse douter qu’il continuera à défendre de telles positions jusqu’au 6 novembre.</p>
<p>Mais même si Romney finit par être lui-même, c’est-à-dire un candidat plus modéré, les « tea partiers » pourront quand même se réjouir de constater qu’il leur est encore possible, en 2012, de continuer à expurger le parti républicain de ses législateurs modérés.  Parlez-en à Richard Lugar, sénateur républicain de l’Indiana, en poste depuis 1977.  Républicain reconnu pour son centrisme, Lugar vient de perdre une élection primaire contre un certain Richard Mourdock, chouchou d’organisations comme <em>Tea Party Express</em> et <em>Freedom Works</em>.  Certes, il ne faut pas voir dans cette victoire de Mourdock la preuve irréfutable que le <em>TEA Party</em> fera aussi bien en 2012 que lors des midterms de 2010.  Or, le résultat de cette primaire rappelle que le mouvement fait encore partie de la dynamique électorale aujourd’hui.  La mauvaise nouvelle pour les Américains est que le <em>TEA Party</em> est en train de faire du parti républicain une formation politique encore plus intransigeante qu’elle ne l’a été ces dernières années.  On peut ainsi se demander comment les deux partis réussiront à travailler ensemble après le 6 novembre.  Question cruciale, car les bleus et les rouges du Congrès devront s’entendre s’ils veulent régler les problèmes de la nation.</p>
<p><em>Les opinions exprimées dans ce blogue sont strictement personnelles et ne reflètent pas nécessairement celles de Global Brief ou de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon.</p>
<p>The opinions expressed in this blog are personal and do not necessarily reflect the views of Global Brief or the Glendon School of Public and International Affairs.</em></p>
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    <item>
		<title>Obama, humoriste</title>
		<link>http://globalbrief.ca/frederick-gagnon/2012/05/03/obama-humoriste/</link>
		<comments>http://globalbrief.ca/frederick-gagnon/2012/05/03/obama-humoriste/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 03 May 2012 20:40:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Frédérick Gagnon</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

		<category><![CDATA[2012]]></category>

		<category><![CDATA[Barack Obama]]></category>

		<category><![CDATA[Élections]]></category>

		<category><![CDATA[États-Unis]]></category>

		<category><![CDATA[Mitt Romney]]></category>

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		<description><![CDATA[(Note: ce billet a été coécrit avec Andrew Charbonneau, étudiant au baccalauréat en science politique à l’Université du Québec à Montréal.  Premier auteur de ce billet, Monsieur Charbonneau entame une maîtrise en science politique à la même université en septembre prochain)
Alors que les républicains achèvent le processus de sélection du candidat qui affrontera Barack [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>(Note: ce billet a été coécrit avec Andrew Charbonneau, étudiant au baccalauréat en science politique à l’Université du Québec à Montréal.  Premier auteur de ce billet, Monsieur Charbonneau entame une maîtrise en science politique à la même université en septembre prochain)</p>
<p>Alors que les républicains achèvent le processus de sélection du candidat qui affrontera Barack Obama lors du scrutin de novembre prochain, le président démocrate a prouvé, le 24 avril dernier, qu’il a bel et bien entamé sa propre campagne.  De passage au <em>Late Night with Jimmy Fallon</em>, tourné ce soir-là sur le campus de l’Université de la Caroline du Nord, Obama a renoué avec une stratégie qu’il a déjà faite sienne par le passé, c’est-à-dire participer à des émissions de télévision humoristiques (par exemple, celles de Jon Stewart, David Letterman et Ellen Degeneres) et miser sur le rire pour courtiser les segments de l’électorat qui raffolent de tels produits culturels.</p>
<p>À la manière d’un humoriste, le président est entré sur scène pour rejoindre Jimmy Fallon, au grand plaisir des gens présents dans l’auditoire.  Quelques secondes plus tard, il participait à un court numéro au côté de Fallon. Sur une musique de type « <em>Slow Jam</em> » (une balade <em>rythm and blues</em>), Obama a décrit sa position à propos de l’augmentation des taux d’intérêts sur les prêts étudiants, proposée par le Congrès.  Affirmant qu’il n’est pas temps d’augmenter les frais d’études des jeunes, Obama a reçu plusieurs fois les applaudissements de l’auditoire.  « <em>The Barrackness Monster</em> », comme l’a alors surnommé Fallon, a également plu à l’auditoire quand il a reproché aux républicains de ne pas oser taxer davantage les millionnaires pour rétablir l’équilibre du budget fédéral.</p>
<p>On peut voir l&#8217;extrait vidéo du passage d&#8217;Obama à l&#8217;émission de Fallon à l&#8217;adresse suivante: <a href="http://www.youtube.com/watch?v=vAFQIciWsF4">http://www.youtube.com/watch?v=vAFQIciWsF4</a></p>
<p>Les images de ce numéro ont, depuis, été vues plusieurs millions de fois sur Internet.  Les commentaires positifs dont il a fait l&#8217;objet illustrent combien Obama reste un candidat électoral (<em>campaigner</em>) redoutable malgré le bilan mitigé de son premier mandat.  Il faudra maintenant voir si ses efforts porteront leurs fruits auprès des électeurs visés par de telles opérations de charme.  On pense par exemple aux jeunes de 18-29 ans, qui s’étaient fortement mobilisés pour Obama et les démocrates en 2008, mais moins lors des <em>midterms</em> de 2010.</p>
<p>La décision d’Obama de participer à l’émission de Fallon illustre également que le démocrate entend prouver rapidement aux électeurs qu’il est une personne plus attachante que son adversaire Mitt Romney.  Aux États-Unis, on parle régulièrement du « beer factor » lors des présidentielles pour rappeler que l’électorat vote parfois pour le candidat avec lequel il semble le plus agréable de boire une bière ou de partager un repas.  Obama le sait pertinemment, et sa capacité à faire rire l’électorat comme il l’a fait avec Jimmy Fallon il y a dix jours l’aidera sans doute à rire le dernier le 6 novembre prochain.</p>
<p><em>Les opinions exprimées dans ce blogue sont strictement personnelles et ne reflètent pas nécessairement celles de Global Brief ou de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon.</em></p>
<p><em>The opinions expressed in this blog are personal and do not necessarily reflect the views of Global Brief or the Glendon School of Public and International Affairs.</em></p>
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