TEA Party : c’est reparTEA ?

May 9, 2012     
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Le 22 mars dernier, j’organisais avec l’Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand une confĂ©rence internationale intitulĂ©e « Élections amĂ©ricaines 2012: en route vers le duel de novembre ». L’une des questions rĂ©guliĂšrement abordĂ©es pendant la journĂ©e a Ă©tĂ© de savoir ce qu’il reste du TEA Party deux ans aprĂšs les midterms de 2010. Comme on le sait, le TEA Party avait alors bien fait : une trentaine de rĂ©publicains de la Chambre des reprĂ©sentants avaient Ă©tĂ© Ă©lus sous cette banniĂšre. Au SĂ©nat, Marco Rubio (Floride) et Rand Paul (Kentucky) avaient Ă©galement gagnĂ© leurs siĂšges en jurant appartenir Ă  cette « famille ».

À notre confĂ©rence du 22 mars, Kate Zernike, journaliste du New York Times et auteure d’un excellent livre sur les TEA Party (intitulĂ© Boiling Mad), a suggĂ©rĂ© que l’influence du mouvement a chutĂ© depuis 2010, mais qu’il aurait tout de mĂȘme un impact en 2012. On le sait, les « tea partiers » ont perdu leur pari de faire dĂ©railler le « train Romney » en vue de la prĂ©sidentielle. Cela dit, ils peuvent tout de mĂȘme se rĂ©jouir de constater que mĂȘme Romney a, jusqu’à prĂ©sent, tenu des propos de « tea partier » sur des questions comme l’assurance santĂ©, les impĂŽts et l’immigration – bien que l’on puisse douter qu’il continuera Ă  dĂ©fendre de telles positions jusqu’au 6 novembre.

Mais mĂȘme si Romney finit par ĂȘtre lui-mĂȘme, c’est-Ă -dire un candidat plus modĂ©rĂ©, les « tea partiers » pourront quand mĂȘme se rĂ©jouir de constater qu’il leur est encore possible, en 2012, de continuer Ă  expurger le parti rĂ©publicain de ses lĂ©gislateurs modĂ©rĂ©s. Parlez-en Ă  Richard Lugar, sĂ©nateur rĂ©publicain de l’Indiana, en poste depuis 1977. RĂ©publicain reconnu pour son centrisme, Lugar vient de perdre une Ă©lection primaire contre un certain Richard Mourdock, chouchou d’organisations comme Tea Party Express et Freedom Works. Certes, il ne faut pas voir dans cette victoire de Mourdock la preuve irrĂ©futable que le TEA Party fera aussi bien en 2012 que lors des midterms de 2010. Or, le rĂ©sultat de cette primaire rappelle que le mouvement fait encore partie de la dynamique Ă©lectorale aujourd’hui. La mauvaise nouvelle pour les AmĂ©ricains est que le TEA Party est en train de faire du parti rĂ©publicain une formation politique encore plus intransigeante qu’elle ne l’a Ă©tĂ© ces derniĂšres annĂ©es. On peut ainsi se demander comment les deux partis rĂ©ussiront Ă  travailler ensemble aprĂšs le 6 novembre. Question cruciale, car les bleus et les rouges du CongrĂšs devront s’entendre s’ils veulent rĂ©gler les problĂšmes de la nation.

Les opinions exprimĂ©es dans ce blogue sont strictement personnelles et ne reflĂštent pas nĂ©cessairement celles de Global Brief ou de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon.

The opinions expressed in this blog are personal and do not necessarily reflect the views of Global Brief or the Glendon School of Public and International Affairs.

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