Obama, humoriste

May 3, 2012     
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(Note: ce billet a Ă©tĂ© coĂ©crit avec Andrew Charbonneau, Ă©tudiant au baccalaurĂ©at en science politique Ă  l’UniversitĂ© du QuĂ©bec Ă  MontrĂ©al. Premier auteur de ce billet, Monsieur Charbonneau entame une maĂźtrise en science politique Ă  la mĂȘme universitĂ© en septembre prochain)

Alors que les rĂ©publicains achĂšvent le processus de sĂ©lection du candidat qui affrontera Barack Obama lors du scrutin de novembre prochain, le prĂ©sident dĂ©mocrate a prouvĂ©, le 24 avril dernier, qu’il a bel et bien entamĂ© sa propre campagne. De passage au Late Night with Jimmy Fallon, tournĂ© ce soir-lĂ  sur le campus de l’UniversitĂ© de la Caroline du Nord, Obama a renouĂ© avec une stratĂ©gie qu’il a dĂ©jĂ  faite sienne par le passĂ©, c’est-Ă -dire participer Ă  des Ă©missions de tĂ©lĂ©vision humoristiques (par exemple, celles de Jon Stewart, David Letterman et Ellen Degeneres) et miser sur le rire pour courtiser les segments de l’électorat qui raffolent de tels produits culturels.

À la maniĂšre d’un humoriste, le prĂ©sident est entrĂ© sur scĂšne pour rejoindre Jimmy Fallon, au grand plaisir des gens prĂ©sents dans l’auditoire. Quelques secondes plus tard, il participait Ă  un court numĂ©ro au cĂŽtĂ© de Fallon. Sur une musique de type « Slow Jam » (une balade rythm and blues), Obama a dĂ©crit sa position Ă  propos de l’augmentation des taux d’intĂ©rĂȘts sur les prĂȘts Ă©tudiants, proposĂ©e par le CongrĂšs. Affirmant qu’il n’est pas temps d’augmenter les frais d’études des jeunes, Obama a reçu plusieurs fois les applaudissements de l’auditoire. « The Barrackness Monster », comme l’a alors surnommĂ© Fallon, a Ă©galement plu Ă  l’auditoire quand il a reprochĂ© aux rĂ©publicains de ne pas oser taxer davantage les millionnaires pour rĂ©tablir l’équilibre du budget fĂ©dĂ©ral.

On peut voir l’extrait vidĂ©o du passage d’Obama Ă  l’Ă©mission de Fallon Ă  l’adresse suivante: http://www.youtube.com/watch?v=vAFQIciWsF4

Les images de ce numĂ©ro ont, depuis, Ă©tĂ© vues plusieurs millions de fois sur Internet. Les commentaires positifs dont il a fait l’objet illustrent combien Obama reste un candidat Ă©lectoral (campaigner) redoutable malgrĂ© le bilan mitigĂ© de son premier mandat. Il faudra maintenant voir si ses efforts porteront leurs fruits auprĂšs des Ă©lecteurs visĂ©s par de telles opĂ©rations de charme. On pense par exemple aux jeunes de 18-29 ans, qui s’étaient fortement mobilisĂ©s pour Obama et les dĂ©mocrates en 2008, mais moins lors des midterms de 2010.

La dĂ©cision d’Obama de participer Ă  l’émission de Fallon illustre Ă©galement que le dĂ©mocrate entend prouver rapidement aux Ă©lecteurs qu’il est une personne plus attachante que son adversaire Mitt Romney. Aux États-Unis, on parle rĂ©guliĂšrement du « beer factor » lors des prĂ©sidentielles pour rappeler que l’électorat vote parfois pour le candidat avec lequel il semble le plus agrĂ©able de boire une biĂšre ou de partager un repas. Obama le sait pertinemment, et sa capacitĂ© Ă  faire rire l’électorat comme il l’a fait avec Jimmy Fallon il y a dix jours l’aidera sans doute Ă  rire le dernier le 6 novembre prochain.

Les opinions exprimĂ©es dans ce blogue sont strictement personnelles et ne reflĂštent pas nĂ©cessairement celles de Global Brief ou de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon.

The opinions expressed in this blog are personal and do not necessarily reflect the views of Global Brief or the Glendon School of Public and International Affairs.

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