Michele Bachmann peut-elle gagner ?

July 1, 2011     
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Elle est la « saveur du mois » dans le merveilleux monde des analystes des Ă©lections amĂ©ricaines. Depuis qu’elle a officiellement annoncĂ© sa candidature Ă  l’investiture du parti rĂ©publicain, il y a quelques jours, Michele Bachmann est aux anges : non seulement les mĂ©dias n’ont-ils cessĂ© de parler d’elle (ce qui l’aide Ă  se faire connaĂźtre), mais on dit mĂȘme qu’elle talonne Mitt Romney dans les intentions de vote en Iowa, oĂč se dĂ©roulera la toute premiĂšre bataille de la saison des primaires au dĂ©but de l’annĂ©e prochaine.

Mais quelles sont les réelles chances de gagner de celle que John Cassidy du New Yorker compare à Margaret Thatcher ? Pas gigantesques selon Nate Silver, analyste réputé des élections américaines, qui les évalue à 12% (Silver pense que Mitt Romney a 40% de chances de remporter la course républicaine).

Les forces de Bachmann sont pourtant nombreuses et indéniables :

- Elle n’aurait aucune difficultĂ© Ă  mobiliser les Ă©lecteurs les plus conservateurs du parti rĂ©publicain, en particulier les partisans du Tea Party, ce qui n’est pas nĂ©cessairement le cas de Mitt Romney, Jun Huntsman ou Tim Pawlenty ;

- Elle compte sur Ed Rollins pour diriger son équipe de campagne (Rollins a, auparavant, mené la campagne impeccable de Reagan en 1984 et la surprenante course de Mike Huckabee en 2008) ;

- Elle pourrait, si elle est prudente et ne multiplie pas les gaffes, se construire l’image d’une « Sarah Palin plus », c’est-Ă -dire une candidate qui rappelle l’ex-gouverneure de l’Alaska Ă  plusieurs Ă©gards (chouchou du Tea Party, conservatrice morale, etc.), mais qui est moins caricaturale et qui a une meilleure connaissance des dossiers.

Le problĂšme pour Bachmann est que mĂȘme si elle a rĂ©ussi Ă  projeter cette image de « Sarah Palin plus » lors du dĂ©bat rĂ©publicain du 13 juin dernier, ses deux derniĂšres semaines ont Ă©tĂ© plus difficiles : elle a, par exemple, confondu John Wayne (l’acteur hollywoodien) et John Wayne Gacy (le tueur en sĂ©rie) en expliquant qu’elle Ă©tait nĂ©e dans la mĂȘme ville que le premier. Elle a aussi affirmĂ© que John Quincy Adams est l’un des PĂšres fondateurs amĂ©ricains. Les mĂ©dias se sont Ă©videmment emparĂ©s de telles « histoires » pour tenter de convaincre les AmĂ©ricains du caractĂšre inusitĂ© (ou ridicule) de sa candidature.

Parmi les autres faiblesses de la républicaine, les suivantes ne font aucun doute :

- Comme le rappelle l’analyste Edward Morrissey, l’histoire joue contre Bachmann : le dernier (et le seul) membre de la Chambre des reprĂ©sentants en exercice Ă  avoir remportĂ© la prĂ©sidentielle amĂ©ricaine est James Garfield – il y a 130 ans ! Les reprĂ©sentants de la Chambre sont gĂ©nĂ©ralement des figures peu connues de l’électorat national et ont souvent moins d’expĂ©rience que les autres candidats du parti, ce qui est le cas de Bachmann, qui livre par exemple bataille Ă  trois anciens gouverneurs relativement expĂ©rimentĂ©s en Romney, Pawlenty et Hunstman;

- Bachmann aurait, dans une course l’opposant Ă  Obama, sans doute l’appui des Ă©lecteurs les plus conservateurs du parti rĂ©publicain. On sait cependant combien il peut ĂȘtre difficile de remporter la prĂ©sidence sans obtenir la bĂ©nĂ©diction d’une proportion importante d’électeurs indĂ©pendants et modĂ©rĂ©s. Certes, la stratĂ©gie de George W. Bush en 2004 de s’appuyer avant tout sur la « base » du parti rĂ©publicain a semblĂ© porter fruit. Or, le parti rĂ©publicain ne se donnerait certainement pas toutes les chances de gagner les courses serrĂ©es dans des États pivots (swing states) comme la Pennsylvanie, l’Ohio ou la Floride en choisissant une candidate aussi clairement campĂ©e Ă  droite que Bachmann.

Le destin de Bachmann dĂ©pendra aussi en grande partie des dĂ©cisions de Rick Perry et de Sarah Palin de se lancer ou non dans la course Ă  l’investiture. En effet, l’arrivĂ©e dans le dĂ©cor d’autres chouchous du Tea Party diviserait le vote des plus conservateurs et nuirait Ă  la quĂȘte de Bachmann.

C’est probablement l’un des souhaits de Mitt Romney, qui, lui, n’a toujours pas trouvĂ© le secret pour empĂȘcher les Ă©lecteurs de butiner les autres fleurs rĂ©publicaines.

Les opinions exprimĂ©es dans ce blogue sont strictement personnelles et ne reflĂštent pas nĂ©cessairement celles de Global Brief ou de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon.

The opinions expressed in this blog are personal and do not necessarily reflect the views of Global Brief or the Glendon School of Public and International Affairs.

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