Après la santé, l’hiver nucléaire d’Obama?
Il y aura bientôt un mois que la réforme de l’assurance maladie de Barack Obama a été adoptée et on commence un tantinet à voir les effets de celle-ci sur l’avenir politique et électoral des partis démocrate et républicain. Et la vérité est que la réforme a, du moins jusqu’à présent, eu un impact moins significatif que prévu sur l’atmosphère politique aux États-Unis. Les taux d’approbation du président demeurent sensiblement les mêmes qu’avant l’adoption de la réforme : selon une moyenne de sondages calculée par Real Clear Politics, 48,9% des Américains se disent satisfaits du travail d’Obama et 46,6% pensent le contraire. Ainsi, pas d’hiver nucléaire politique à cet égard, mais pas de bon significatif grâce à la réforme non plus.
L’adoption de la réforme n’a, en outre, pas beaucoup changé l’opinion des Américains en ce qui a trait aux différentes courses qui auront lieu lors des élections au Congrès en novembre. Selon les principaux experts des législatives américaines (voir, par exemple, Sabato et Rothenberg), les démocrates restent sensiblement dans la même (fâcheuse) position qu’avant l’adoption de la réforme : ils risquent de perdre une trentaine de sièges à la Chambre et (jusqu’à) huit sièges au Sénat. Dès lors, si les élections législatives avaient lieu ce soir, les démocrates conserveraient vraisemblablement leurs majorités au sein des deux chambres du Congrès, même si les républicains y seraient plus puissants qu’avant. La réforme de l’assurance maladie n’a donc pas (encore) empiré la situation dans laquelle les démocrates se trouvaient déjà. Qui plus est, les démocrates auront beau jeu de rappeler qu’aucun républicain n’a voté pour la réforme si jamais celle-ci devient populaire au cours des prochains mois. Une donnée qui pourrait aider Obama et son parti en novembre.
Chose certaine, maintenant que la réforme de l’assurance maladie a été adoptée, Obama et les démocrates devront sans doute se concentrer davantage sur l’économie et l’emploi, qui figurent parmi les enjeux les plus importants aux yeux des électeurs. Et le problème pour les démocrates est qu’Obama est de plus en plus perçu comme le principal responsable des difficultés économiques du pays. Selon un sondage USA Today/Gallup mené début avril, 26% des Américains croient que le président est en grande partie coupable des déboires de l’économie. Il s’agit là d’une proportion deux fois plus élevée que celle de l’été dernier. Ainsi, même si un plus grand nombre d’Américains continue à croire que George W. Bush est celui qui a engendré la déroute de l’économie, l’élection de 2010 pourrait devenir, aux yeux de plusieurs électeurs, un référendum sur la capacité d’Obama à relever le pays. Et jusqu’à présent, certains économistes parlent peut-être de reprise, mais les quelque 15 millions d’Américains qui sont actuellement sans emploi ont du mal à croire aux bilans positifs. Ce sont donc certains d’entre eux qui, en plus des mécontents à propos de la réforme de l’assurance maladie, pourraient faire vivre aux démocrates leur premier hiver nucléaire électoral depuis 2004.
Les opinions exprimées dans ce blogue sont strictement personnelles et ne reflètent pas nécessairement celles de Global Brief ou de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon.
The opinions expressed in this blog are personal and do not necessarily reflect the views of Global Brief or the Glendon School of Public and International Affairs.
3 Responses to “Après la santé, l’hiver nucléaire d’Obama?”

























Merci pour l’information toujours actualisées
Je vous écris de France et c’est vrai que la réforme menée par le président OBAMA me passionne. La France a un système de Sécurité sociale depuis 1945. Pour mémoire, le système de sécurité sociale existait déjà dans les années 1890 en.. . Allemagne, et le système français n’est que la copie (moins réussie) du système allemand.
Pour en revenir à la réforme OBAMA, je trouve que la réforme OBAMA de l’assurance santé aux USA était ce qu’il manquait à ce pays. Entendons nous bien, loin de moi de vouloir donner des leçons et dire ce qu’il faut faire ou ne pas faire. Je sais que nous autres les français avons une certaine tendance (même une tendance certaine) à donner des leçons au reste du monde.
Mais je pense quand même que c’est une réforme indispensable, qui non seulement couvre les plus démunis, mais qui amènera aussi un plus économique. En effet, si mes chiffres sont bons, 16% du PIB américains est consacré à la santé. En France, malgré les nombreuses dérives constatés dans notre système seulement 11.5% du PIB est consacré à ce même poste.
Hormis l’aspect moral, l’aspect économique est aussi à prendre en compte. De plus, en raisonnement purement économique, à quoi sert d’avoir une force de travail immobilisée par la maladie ? Ne vaut-il pas mieux soigner et ainsi faire reprendre le travail à des personnes sur lesquelles il a déjà été investi (par l’école, les routes, l’infrastructure etc…) ?
C’est pourquoi je ne pense pas que dans les prochains mois, OBAMA connaîtra un hiver nucléaire, mais il connaîtra plutôt le soleil de Marengo (bataille que Napoléon 1er a gagné alors qu’il était inférieur en nombre, une des dernières victoires militaires que la France a su remporter seule, sans l’aide d’alliés).
je pense qu’Obama sait ce qu’il fait