Les républicains au pouvoir dans dix mois?

Les dĂ©mocrates rĂ©ussiront-ils Ă  conserver leurs fortes majoritĂ©s Ă  la Chambre des reprĂ©sentants et au SĂ©nat lors des Ă©lections de mi-mandat de novembre 2010 ? Rien n’est moins sĂ»r si l’on se fie Ă  un rĂ©cent sondage du Pew Research Center, qui illustre le fort dĂ©sir des Ă©lecteurs de ne pas réélire les lĂ©gislateurs qui occupent actuellement des siĂšges au Capitole. Selon le Pew, l’insatisfaction des AmĂ©ricains Ă  l’égard des reprĂ©sentants et des sĂ©nateurs se compare Ă  celles observĂ©es lors des Ă©lections de 1994 et de 2006. Ces deux Ă©lections avaient, rappelons-le, engendrĂ© des changements de pouvoir au CongrĂšs, ce qui n’a rien de rassurant pour Obama.

Il est certes un peu tĂŽt pour affirmer avec certitude que les rĂ©publicains ont le vent en poupe Ă  l’aube du rendez-vous Ă©lectoral de 2010. Comme l’illustre le mĂȘme sondage, les membres du Grand Old Party ont meilleure rĂ©putation qu’à « l’époque » de George W. Bush, mais ils ont du mal Ă  convaincre les AmĂ©ricains qu’ils seraient plus efficaces que les dĂ©mocrates pour rĂ©gler les grands problĂšmes de la nation. Le parti d’Obama conserve ainsi la cote des AmĂ©ricains sur des enjeux comme l’économie, ce qui permettra peut-ĂȘtre Ă  Nancy Pelosi, Harry Reid et leurs collĂšgues de limiter les pertes Ă©lectorales, surtout si l’on assiste Ă  une relance de l’emploi d’ici l’élection.

Le sondage du Pew rĂ©vĂšle cependant un autre fait inquiĂ©tant pour Obama. En effet, prĂšs de la moitiĂ© des AmĂ©ricains ont une opinion dĂ©favorable Ă  l’égard de l’un ET l’autre des deux partis Ă  Washington. Ce sentiment a sans contredit Ă©tĂ© alimentĂ© par les interminables dĂ©bats sur la rĂ©forme de l’assurance maladie. Comme l’expliquait la commentatrice politique Amy Walter lors d’une confĂ©rence donnĂ©e Ă  QuĂ©bec il y a quelques semaines, les lois amĂ©ricaines se comparent un peu Ă  la saucisse au sens oĂč elles ont tout pour dĂ©gouter ceux et celles qui savent comment on les prĂ©pare ! Depuis le dĂ©but des dĂ©bats sur la rĂ©forme de l’assurance maladie, les mĂ©dias ont ainsi eu le temps d’attirer l’attention des Ă©lecteurs sur quelques-uns des pires « dĂ©fauts » du processus lĂ©gislatif amĂ©ricain. On a ainsi pu voir des rĂ©publicains traiter Obama de « menteur » ou encore des dĂ©mocrates troquer leur appui Ă  Obama contre des subventions fĂ©dĂ©rales pour les Ă©lecteurs locaux.

Loin d’ĂȘtre futiles, de telles scĂšnes ont rĂ©activĂ© le cynisme populaire Ă  l’endroit des Ă©lus et du CongrĂšs, un cynisme que l’ancien reprĂ©sentant Lee Hamilton croyait pourtant Ă  son paroxysme quand il a publiĂ© un ouvrage sur le sujet en 2004 (How Congress Works and Why You Should Care, Indiana University Press). On verra bien si les lĂ©gislateurs rĂ©ussiront Ă  inflĂ©chir cette tendance d’ici novembre. Or, il est clair qu’Obama arrive de moins en moins Ă  convaincre les AmĂ©ricains que sa prĂ©sidence permettra de changer la façon de faire la politique Ă  Washington.

Les opinions exprimĂ©es dans ce blogue sont strictement personnelles et ne reflĂštent pas nĂ©cessairement celles de Global Brief ou de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon.

The opinions expressed in this blog are personal and do not necessarily reflect the views of Global Brief or the Glendon School of Public and International Affairs.

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